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Anaïd de Dieuleveult

Au-delà, la mort en images #06 Profession Thanato

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Frédéric a 42 ans, il est thanatopracteur. Les anglo-saxons diront embaumeur. C'est l'art et la science de préserver les corps des défunts humains de leur décomposition naturelle, pour pouvoir les présenter aux familles et lors des funérailles avec leur apparence de vie.
Tous les jours, il prend donc soin de ces corps sans vie pour que les familles, les « vivants », passent cette étape du deuil de façon la plus apaisée possible.

Ancien coiffeur et passionné d'anatomie, Frédéric s'est rapidement reconverti dans le domaine du funéraire. Après avoir repris les études, il est devenu thanatopracteur, métier qu'il exerce maintenant depuis vingt ans. Aujourd'hui à la tête de trois entreprises en Bourgogne-Franche-Comté, il est également membre du Syndicat des Thanatopracteurs, et enseigne son savoir-faire à l'Ecole des Métiers du Funéraire à Paris.

Parfois plusieurs fois par jour, en maison funéraire ou en chambre mortuaire, Frédéric répète le même rituel : il enfile sa blouse, ouvre ses mallettes, sort le corps de la chambre froide, incise une artère, vide le sang en ponctionnant par la cage thoracique et l'abdomen pour le remplacer par un fluide de conservation, coud la bouche, maquille et recoiffe légèrement le défunt, l'habille avec les vêtements fournis par les proches et le replace dans la chambre froide. Les soins peuvent être ainsi « complets » mais le remplacement du sang par le fluide n'est pas obligatoire et c'est aux proches de décider quel type de soins de conservation ils désirent pour le défunt.
Il ne croise que très rarement les familles, et les rencontrera sans doute de moins en moins puisqu'une nouvelle législation applicable au 1er janvier 2018 renforce les exigences des conditions de soin à domicile.

Passionné par son métier, il en sait l'importance et le fait avant tout pour les proches, même s'il travaille dans l'ombre. Néanmoins les difficultés sont bel et bien présentes, et au delà du fait de côtoyer des défunts (chose à laquelle on s'habitue ou plutôt avec laquelle on fait, selon les caractères), ce sont les charges et les poids à soulever ainsi que les heures de voiture qui deviennent pénibles, et lui feront sans doute arrêter le « terrain » un peu plus tôt que prévu.

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