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Thierry Fournier
— Bio
FR | EN

Basé à Lyon, j’aime me définir comme un voyageur, un observateur du monde, avec l’humain en place centrale, toujours.

La magie de la photographie, avec ses rendez-vous improbables, avec le hasard des situations et des rencontres, est indiscutablement en ce qui me concerne une source de motivation infinie.

La puissance singulière de l’instant photographique, cette fraction de seconde durant laquelle une sorte de guillotine tombe sur le temps, avec cette faculté vertigineuse de retenir l’éphémère, tranche dans le flux incessant du réel et en extrait une infime parcelle, un fragment de temporalité que l’on soustrait à l’oubli pour le livrer au regard. À l’heure où les images générées par l’intelligence artificielle et la prolifération des fake news viennent questionner notre rapport au réel, cette fonction de la photographie prend une dimension particulière. Elle nous engage, nous photographes, et nous confère peut-être une forme de mission d’intérêt « supérieur » : témoigner, documenter, composer avec le réel, le transcender parfois, sans jamais le trahir.

Le challenge, perpétuellement renouvelé, d’une commande photographique, qui consiste parfois à partir sur un sujet a priori peu sexy, avec la nécessité de produire au minimum quelque chose de différent et d’original, et cerise sur la photo, de rentrer avec une « plaque », est une satisfaction inépuisable.

Le syndrome de la page (contact) photographique blanche, espace vierge qui va se révéler sous la forme d’une narration dont tu tentes de garder le cap, mais qui va peut-être dévier soumise aux aléas, rencontres, ou perception propre qui se fissure, nous obligeant à relire notre lecture initiale, est de mon point de vue un enrichissement permanent. Cette tension entre intention et imprévu, entre maîtrise et abandon, constitue à mes yeux une part essentielle de la richesse du processus photographique.

Dans le secteur particulièrement exigeant et sélectif de la photographie, au cœur d’un écosystème ultra-concurrentiel et d’une société hyperconnectée saturée d’images, où nous sommes tous devenus producteurs, diffuseurs et consommateurs de photographies, les « élu·es » restent peu nombreux. Alors il faut tenter, oser, prendre des risques, parfois artistiques, parfois humains, et parfois financiers.

À Cuba en 2026, lors d’un second séjour, alors que je souhaitais documenter la situation dramatique du peuple cubain, j’ai été arrêté, détenu et interrogé neuf heures durant, avant d’être expulsé manu militari, au sens propre du terme. Je pense ne devoir mon salut qu’à l’intervention du Quai d’Orsay, que j’avais pu alerter avant la saisie de mon téléphone en début d’interrogatoire.

Je les en remercie infiniment.

Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots, alors je vous invite à découvrir les nombreuses et belles séries de ce collectif que j’ai aujourd’hui la chance d’intégrer.

Mon portrait est de © Rafael Burgos

Based in Lyon, I like to define myself as a traveler and an observer of the world—one who always places people at the very center.

For me, the magic of photography - with its unlikely encounters and the serendipity of situations - is an endless source of motivation.

There is a singular power to the photographic moment: that split second when a kind of guillotine falls upon time. With its dizzying ability to capture the ephemeral, it slices through the ceaseless flow of reality to extract a tiny sliver - a fragment of time rescued from oblivion and presented to the eye. At a time when AI-generated images and the proliferation of fake news are challenging our relationship with reality, this function of photography takes on a special significance. It engages us as photographers, perhaps even bestowing upon us a mission of "higher" purpose: to bear witness, to document, to engage with reality - and sometimes to transcend it - without ever betraying it.

Then there is the ever-renewing challenge of a photographic assignment—often starting with a subject that seems unglamorous at first, yet demands something different and original. And the icing on the cake? Returning with that one standout shot - a "plate," as it were - which brings inexhaustible satisfaction.

Finally, there is the "blank contact sheet" syndrome - that virgin space destined to reveal a narrative. You try to stay the course, yet the story may veer off track, swayed by chance events, encounters, or a shifting perception that cracks open and forces you to rethink your initial interpretation. To me, this is a source of constant enrichment. That tension between intention and the unexpected, between control and surrender, constitutes - in my view - an essential part of the richness of the photographic process. In the particularly demanding and selective field of photography - set within an ultra-competitive ecosystem and a hyper-connected society saturated with images, where we have all become producers, distributors, and consumers of photographs - few make the cut. So, one must try, dare, and take risks - be they artistic, personal, or financial.

During a second trip to Cuba in 2026, while attempting to document the dire situation facing the Cuban people, I was arrested, detained, and interrogated for nine hours before being forcibly expelled-literally removed by physical force. I believe I owe my rescue solely to the intervention of the French Foreign Ministry, whom I managed to alert before my phone was confiscated at the start of the interrogation.

I am deeply grateful to them.

They say a picture is worth a thousand words, so I invite you to discover the many beautiful series created by this collective-one I am fortunate enough to have joined.

My portrait is by © Rafael Burgos.

— Compétences
— Téléchargements

— Bio
FR | EN

Basé à Lyon, j’aime me définir comme un voyageur, un observateur du monde, avec l’humain en place centrale, toujours.

La magie de la photographie, avec ses rendez-vous improbables, avec le hasard des situations et des rencontres, est indiscutablement en ce qui me concerne une source de motivation infinie.

La puissance singulière de l’instant photographique, cette fraction de seconde durant laquelle une sorte de guillotine tombe sur le temps, avec cette faculté vertigineuse de retenir l’éphémère, tranche dans le flux incessant du réel et en extrait une infime parcelle, un fragment de temporalité que l’on soustrait à l’oubli pour le livrer au regard. À l’heure où les images générées par l’intelligence artificielle et la prolifération des fake news viennent questionner notre rapport au réel, cette fonction de la photographie prend une dimension particulière. Elle nous engage, nous photographes, et nous confère peut-être une forme de mission d’intérêt « supérieur » : témoigner, documenter, composer avec le réel, le transcender parfois, sans jamais le trahir.

Le challenge, perpétuellement renouvelé, d’une commande photographique, qui consiste parfois à partir sur un sujet a priori peu sexy, avec la nécessité de produire au minimum quelque chose de différent et d’original, et cerise sur la photo, de rentrer avec une « plaque », est une satisfaction inépuisable.

Le syndrome de la page (contact) photographique blanche, espace vierge qui va se révéler sous la forme d’une narration dont tu tentes de garder le cap, mais qui va peut-être dévier soumise aux aléas, rencontres, ou perception propre qui se fissure, nous obligeant à relire notre lecture initiale, est de mon point de vue un enrichissement permanent. Cette tension entre intention et imprévu, entre maîtrise et abandon, constitue à mes yeux une part essentielle de la richesse du processus photographique.

Dans le secteur particulièrement exigeant et sélectif de la photographie, au cœur d’un écosystème ultra-concurrentiel et d’une société hyperconnectée saturée d’images, où nous sommes tous devenus producteurs, diffuseurs et consommateurs de photographies, les « élu·es » restent peu nombreux. Alors il faut tenter, oser, prendre des risques, parfois artistiques, parfois humains, et parfois financiers.

À Cuba en 2026, lors d’un second séjour, alors que je souhaitais documenter la situation dramatique du peuple cubain, j’ai été arrêté, détenu et interrogé neuf heures durant, avant d’être expulsé manu militari, au sens propre du terme. Je pense ne devoir mon salut qu’à l’intervention du Quai d’Orsay, que j’avais pu alerter avant la saisie de mon téléphone en début d’interrogatoire.

Je les en remercie infiniment.

Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots, alors je vous invite à découvrir les nombreuses et belles séries de ce collectif que j’ai aujourd’hui la chance d’intégrer.

Mon portrait est de © Rafael Burgos

Based in Lyon, I like to define myself as a traveler and an observer of the world—one who always places people at the very center.

For me, the magic of photography - with its unlikely encounters and the serendipity of situations - is an endless source of motivation.

There is a singular power to the photographic moment: that split second when a kind of guillotine falls upon time. With its dizzying ability to capture the ephemeral, it slices through the ceaseless flow of reality to extract a tiny sliver - a fragment of time rescued from oblivion and presented to the eye. At a time when AI-generated images and the proliferation of fake news are challenging our relationship with reality, this function of photography takes on a special significance. It engages us as photographers, perhaps even bestowing upon us a mission of "higher" purpose: to bear witness, to document, to engage with reality - and sometimes to transcend it - without ever betraying it.

Then there is the ever-renewing challenge of a photographic assignment—often starting with a subject that seems unglamorous at first, yet demands something different and original. And the icing on the cake? Returning with that one standout shot - a "plate," as it were - which brings inexhaustible satisfaction.

Finally, there is the "blank contact sheet" syndrome - that virgin space destined to reveal a narrative. You try to stay the course, yet the story may veer off track, swayed by chance events, encounters, or a shifting perception that cracks open and forces you to rethink your initial interpretation. To me, this is a source of constant enrichment. That tension between intention and the unexpected, between control and surrender, constitutes - in my view - an essential part of the richness of the photographic process. In the particularly demanding and selective field of photography - set within an ultra-competitive ecosystem and a hyper-connected society saturated with images, where we have all become producers, distributors, and consumers of photographs - few make the cut. So, one must try, dare, and take risks - be they artistic, personal, or financial.

During a second trip to Cuba in 2026, while attempting to document the dire situation facing the Cuban people, I was arrested, detained, and interrogated for nine hours before being forcibly expelled-literally removed by physical force. I believe I owe my rescue solely to the intervention of the French Foreign Ministry, whom I managed to alert before my phone was confiscated at the start of the interrogation.

I am deeply grateful to them.

They say a picture is worth a thousand words, so I invite you to discover the many beautiful series created by this collective-one I am fortunate enough to have joined.

My portrait is by © Rafael Burgos.

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