Ciel de Papier
Pendant Makar Sankranti, de nombreuses villes indiennes adoptent un rythme différent. Dans les jours qui précèdent la fête, les rues se remplissent d’enfants portant leurs premiers cerfs-volants de l’année, tandis que les boutiques restent ouvertes jusque tard dans la nuit pour répondre à une demande toujours croissante. Les petits magasins deviennent les véritables centres nerveux de la célébration : piles de patang aux couleurs vives, bobines de manjha, mains qui choisissent, comparent, préparent. La fête commence ici, parmi le papier, le bambou et les voix qui se chevauchent.
À Varanasi, cette atmosphère devient encore plus intense. La ville sacrée, avec ses ruelles étroites et ses toits dominant le Gange, vit Makar Sankranti comme un rituel collectif mêlant dévotion et jeu. Les familles envahissent les échoppes des vieux quartiers, les enfants courent dans les ruelles avec leurs cerfs-volants fraîchement achetés, et les terrasses se transforment en postes d’observation où chacun étudie le vent. À l’aube, tandis que les ghats résonnent de prières, les garçons testent leurs lignes juste au-dessus du fleuve, affûtent le manjha et s’exercent aux mouvements rapides du poignet nécessaires aux combats.
Les batailles de cerfs-volants sont le cœur de la fête à Varanasi. Au-dessus du dédale de toits, des centaines de cerfs-volants se croisent dans une toile dense et mouvante. Une traction nette, un angle précis, une ligne qui vibre : un cerf-volant tombe dans les ruelles — immédiatement poursuivi par les enfants — tandis qu’un autre s’élève en triomphe. Pour de nombreux jeunes participants, ces duels marquent leur première véritable rencontre avec la compétition, la stratégie et la fierté de quartier.
Autour d’eux, les adultes préservent la tradition. Les artisans fabriquent les cerfs-volants selon des techniques transmises de génération en génération, les commerçants guident les jeunes acheteurs parmi les formes et les matériaux, et les familles se rassemblent sur les toits pour partager nourriture, récits et conseils. À Varanasi, Makar Sankranti devient un moment où toute la ville lève les yeux vers le ciel : un ciel dense et vibrant qui reflète une identité culturelle.
Paper Sky
During Makar Sankranti, many Indian cities shift into a different rhythm. In the days leading up to the festival, the streets fill with children carrying their first kites of the year, while shops stay open late into the night to meet an ever‑growing demand. Small stores become the true nerve centers of the celebration: stacks of brightly colored patang, spools of manjha, hands choosing, comparing, preparing. The festival begins here, among paper, bamboo, and overlapping voices.
In Varanasi, this atmosphere becomes even more intense. The sacred city, with its narrow alleys and rooftops overlooking the Ganges, experiences Makar Sankranti as a collective ritual that blends devotion and play. Families crowd the shops of the old quarters, children race through the lanes with newly purchased kites, and terraces turn into strategic lookout points where everyone studies the wind. At dawn, while the ghats echo with prayers, boys test their lines just above the river, sharpening the manjha and practicing the quick wrist movements needed for the fights.
Kite battles are the heart of the festival in Varanasi. Above the maze of rooftops, hundreds of kites cross paths in a dense, shifting web. A sharp pull, a precise angle, a vibrating line: one kite drops into the alleys—immediately chased by children—while another rises in triumph. For many young participants, these duels mark their first real encounter with competition, strategy, and neighborhood pride.
Around them, adults safeguard the tradition. Artisans craft kites using techniques passed down through generations, shopkeepers guide young buyers through shapes and materials, and families gather on rooftops to share food, stories, and advice. In Varanasi, Makar Sankranti becomes a moment when the entire city looks upward: a crowded, vibrant sky that reflects a cultural identity.