MORT EN ESTIVE
Du printemps à l'automne, les troupeaux de brebis et de vaches s'installent en montagne. De nombreux chevaux peuplent également ces estives pour des périodes souvent plus longues et certains peuvent y passer une partie de l'hiver. Il faut bien comprendre que dans les Pyrénées, à une certaine altitude, les espaces sont totalement ouverts, sans clôture. De sorte que les animaux sont libres de circuler et en fonction de la météo, resdescendre éventuellement en altitude pour trouver des endroits à l'abri des intempéries.
Quelle que soit la saison, la mort frappe aussi en montagne : mort naturelle, vêlage ou poulinache difficile, foudre, etc.
Il est difficile pour l'éleveur de s'apercevoir immédiatement de la mort de l'un de ses animaux. Et bien souvent, arrivé trop tard, il ne va retrouver qu'un squelette recouvert de son pelage.
L'équarrissage est naturel en montagne et extraordinairement rapide : les corbeaux vont d'abord s'attaquer aux yeux, puis les vautours, repèrant de très loin les carcasses, vont arriver très vite et se disputer la totalité des entrailles et des chairs englouties en quelques minutes. Le gypaëte va emporter les os et les tissus plus coriaces comme les ligaments.
Les renards et autres petits mammifères vont essayer de tirer partie du reste.
Alors il est très fréquent de rencontrer, lors d'une randonnée dans une zone d'estive, soit des restes de carcasses, soit des os éparpillés ici ou là.
Il est même possible de dire qu'il n'est pas une sortie en montagne au cours de laquelle on ne croise pas ce genre de vestiges.
Ce qui est beaucoup plus rare, est d'arriver au moment de la curée des vautours : des dizaines se retrouvent alors sur une carcasse, la déchirant, la tiraillant, se la disputant violemment parfois.
Il est très impressionnant de les entendre se quereller, gronder, crier, se menacer, repoussant les plus faibles.
Mais pour l'instant, je n'ai pu encore saisir ces moments en photos.
En revanche, il est très fréquent de voir des vautours, en vol bien sûr, mais aussi posés sur des rochers, en train de guetter, ou de se sécher les ailes après un bon repas.
DEATH ON THE SUMMER PASTURE
From spring to autumn, herds of sheep and cattle graze in the mountains. Many horses also inhabit these high-altitude pastures—often for longer periods, with some even remaining through part of the winter. It is important to understand that in the Pyrenees, above a certain altitude, the landscape is entirely open and unfenced. Consequently, animals are free to roam; depending on the weather, they may descend to lower elevations to find shelter from the elements.
Regardless of the season, death is a reality in the mountains—whether from natural causes, complications during calving or foaling, lightning strikes, or other factors.
It is often difficult for a breeder to immediately notice that one of their animals has died. Frequently, by the time they arrive, all that remains is a skeleton still covered in hide.
In the mountains, the process of carcass disposal is natural and remarkably swift. Ravens typically target the eyes first, followed quickly by vultures—which can spot a carcass from a great distance—that descend to feast, devouring the entrails and flesh in a matter of minutes. The bearded vulture (lammergeier) then carries off the bones and tougher tissues, such as ligaments.
Foxes and other small mammals scavenge whatever is left.
As a result, it is quite common to come across the remains of carcasses or scattered bones while hiking through these high-altitude grazing areas.
In fact, it is rare to go for a mountain excursion without encountering such remnants.
What is far less common is to arrive just as the vultures are feeding—dozens of them gathering around a carcass, tearing and pulling at it, sometimes fighting fiercely over the remains. It is quite striking to hear them squabbling, growling, screeching, and threatening one another, pushing the weaker ones aside.
However, I have not yet managed to capture these moments in photographs.
On the other hand, it is very common to see vultures—in flight, of course, but also perched on rocks, keeping a lookout or drying their wings after a hearty meal.