LA SECHERESSE ET LA CANICULE METTENT EN PERIL LES ESTIVES BASQUES
En mai la plupart des troupeaux sont montés en estive, comme chaque année au Pays Basque. D'ordinaire réputées pour leurs paysages verdoyants, ces montagnes de l'ouest pyrénéen sont aujourd'hui brûlées par le soleil qui sévit depuis quasiment l'arrivée du bétail.
Au printemps et en début d'été, les bêtes et les bergers sont plutôt habitués au brouillard et à la pluie.... Souvent, les éleveurs pestent plutôt contre la brume qui rend la recherche des troupeaux difficile et les fortes pluies qui les obligent à patauger dans la boue des corrals.
Mais depuis quelques années, les choses changent. Et ce début d'estive 2026 est marqué par les canicules à répétition et l'absence quasi-totale de pluie. Le vert des paysages à laisser la place à un jaune presque uniforme. L'herbe mangée ne repousse plus...elle est totalement grillée et sous les pas, elle crisse comme une feuille séchée... les marres où peuvent s'abreuver les animaux sont asséchées.
Heureusement, il y a quelques abreuvoirs qui parsèment les estives, aménagés depuis plus ou moins longtemps par le syndicat qui gère la montagne. Mais si les cheveux peuvent s'y rendre à heure assez régulière, d'autres bétails n'ont pas cette habitude. Les brebis notamment qui peuvent passer des jours sans boire. D'ordinaire, une simple rosée suffit à les abreuver. Mais, depuis des semaines, le vent du sud assèche tout.
Les animaux n'ont pas d'autres choix que de subir les assauts du soleil : à cette altitude, il n'y a pas d'arbres. Les brebis, elles, essaient de combattre la canicule en s'abritant derrière des rochers ou en s'agglutinant les unes aux autres.... Curieuses méthodes dont il semble plutôt qu'elles favorisent encore la chaleur. On peine parfois à les voir dans l'herbe jaune tant leur toison peut s'y fondre.
Nos Pyrénées basques n'ont plus rien d'atlantiques......Cet océan qui constitue la moitié du nom de notre département et qui d'ordinaire lui fournit plus de pluie qu'il n'en faut et qui s'étale à quelques km de ces pâturages d'estive où des cigales viennent d'élire domicile !!!!!
Si les choses ne changent pas, les bergers songent déjà à redescendre une partie des troupeaux fin juillet....les animaux les plus faibles, les plus jeunes, ceux dont il faut prendre soin. Qu'en sera-t-il du reste des troupeaux qui doivent demeurer ici jusqu'à fin septembre ou fin octobre en principe ?
Il faudra peut-être tout redescendre à la ferme, où les prairies sont tout aussi brûlées par cette canicule. Les foins ont été maigres. Il n'y aura pas de regain....Il faudra se résoudre à acheter du fourrage.... dont le prix ne manquera pas d'augmenter....
Le changement climatique s'accélère n'en déplaise à ceux qui n'y croient pas et nos éleveurs de montagne le subissent de plein fouet et à une rapidité vertigineuse.
Drought and Heatwave Threaten to Wipe Out Basque Summer Pastures
n May, most herds are driven up to the summer pastures, as happens every year in the Basque Country. Usually renowned for their lush green landscapes, these mountains in the western Pyrenees are currently scorched by the sun, which has been relentless since the livestock first arrived.
In spring and early summer, the animals and shepherds are more accustomed to fog and rain... Farmers often grumble about the mist, which makes locating the herds difficult, and the heavy downpours that force them to trudge through the mud of the pens.
But things have been changing in recent years. This start to the 2026 summer grazing season is marked by repeated heatwaves and an almost total lack of rain. The landscape’s green hues have given way to a nearly uniform yellow. The grazed grass is not growing back; it is completely parched, crunching like a dried leaf underfoot, and the pools where animals might drink have dried up.
Fortunately, a few watering troughs dot the summer pastures—installed some time ago by the association that manages the mountain. Yet, while horses may visit them with some regularity, other livestock do not share this habit—particularly ewes, which can go days without drinking. Normally, the morning dew provides enough hydration, but for weeks now, the south wind has been drying everything out.
The animals have no choice but to endure the sun's onslaught; there are no trees at this altitude. The ewes try to cope with the heatwave by sheltering behind rocks or huddling close together—curious methods that actually seem to trap even more heat. It is sometimes hard to spot them in the yellow grass, as their coats blend in so well.
Our Basque Pyrenees have lost all trace of their Atlantic character... That ocean—which gives our department half its name, usually brings more rain than needed, and lies just a few kilometers from these summer pastures—now sits alongside fields where cicadas have just taken up residence !
If things don't change, shepherds are already considering bringing some of the herds back down in late July—specifically the weakest and youngest animals, the ones requiring special care. What will become of the rest of the herds, which are supposed to remain here until late September or October?
They might have to bring everything back down to the farm, where the meadows are just as scorched by this heatwave. The hay harvest was meager. There will be no second cut... They will be forced to buy fodder—the price of which is bound to rise.
Climate change is accelerating—like it or not, for those who refuse to believe in it—and our mountain livestock farmers are bearing the full brunt of it at a dizzying pace.