Des précipités - avancée vers le rouge, jetée dans le bleu -
Ces photographies sont le fruit de marches et de dérives, de l’arrière-pays jusqu’au littoral méditerranéen.
La lumière et la matière du réel — qu’elle soit organique, végétale ou minérale — deviennent sources de sensations et d’attention aux formes sensibles du territoire.
Je cherche à traduire l’expérience du paysage, que j’appréhende non comme un décor, mais comme une relation — entre dehors et dedans, entre sujet et objet, entre le corps et le monde — une manière d’« habiter le monde », non pas contempler à distance, mais être présent à ce qui nous entoure, y inscrire son regard et son pas.
Les images, plus évocatrices que descriptives, tentent de rendre compte d’une atmosphère, de donner à sentir une forme d’imperceptibilité — la vibration subtile des lieux.
Se dessine alors une géographie sensible, où se répondent les échelles du proche et du lointain, du fragment et du vaste. Les close-up agissent comme des synecdoques, des « matières à rêver », faisant du détail un espace d’immersion.
Ce travail participe d’une écriture photographique « écopoétique » qui interroge notre rapport au monde dans un contexte de crise écologique — entendue ici comme une crise de la sensibilité et du lien.
L’ensemble compose une séquence, une traversée du territoire. Chaque image devient ainsi un lieu de passage, une expérience de co-présence entre l’humain et le monde, invitant à un déplacement du regard et à une attention renouvelée envers les lieux, les matières et les présences qui nous habitent autant que nous les habitons.
precipitates - leaning towards red, thrown into blue -
These photographs are the result of walks and wanderings, from the hinterland to the Mediterranean coast.
The light and matter of reality — whether organic, vegetal or mineral — become sources of sensations and attention to the sensitive forms of the territory.
I seek to convey the experience of landscape, which I perceive not as a backdrop, but as a relationship—between outside and inside, between subject and object, between the body and the world—a way of “inhabiting the world”, not contemplating it from a distance, but being present in our surroundings, imprinting our gaze and our footsteps upon it.
The images, more evocative than descriptive, attempt to convey an atmosphere, to give a sense of imperceptibility—the subtle vibration of places.
A sensitive geography emerges, where the scales of near and far, fragment and vastness, respond to each other. The close-ups act as synecdoches, ‘materials for dreaming’, turning detail into a space for immersion.
This work is part of an ‘ecopoetic’ photographic style that questions our relationship with the world in a context of ecological crisis — understood here as a crisis of sensitivity and connection.
The whole forms a sequence, a journey across the territory. Each image thus becomes a place of passage, an experience of co-presence between humans and the world, inviting us to shift our gaze and renew our attention to the places, materials and presences that surround us.