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Théo Rouby

Far Far West : La Brousse Calédonienne (en cours)

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--- Extraits d'un travail en cours de réalisation ---

Ces citoyens français du bout du monde ont plus de points communs avec des stockmen australiens qu'avec des éleveurs bovins de Normandie.
Les « Broussards » sont pourtant les premiers partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République.
La plupart d'entre eux sont des descendants de forçats du bagne ou de colons volontaires. Leurs ancêtres s'étaient reconstruit une vie à l'autre bout du monde au tournant du XXe siècle.
Ils exploitent de vastes propriétés agricoles, souvent gagnées sur des terres Kanak à l'époque de la colonisation.
Cette bande de terre de 450 km de long sur 70 km de large est leur seul pays. Le spectre de l'indépendance leur principale source d'inquiétude...
Lors de la dernière élection présidentielle, le Front National est arrivé en tête du second tour dans plusieurs communes de la côte Ouest et à Nouméa, la capitale.
Les « Broussards » ont largement voté pour la candidate la plus claire sur la question du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France. Il s'agissait d'envoyer un signe fort à l'approche d'une échéance cruciale.
Car la collectivité devra se prononcer sur son accès à la pleine souveraineté d'ici la fin 2018. Cette étape marque la phase finale d'un processus de décolonisation engagé trente ans plus tôt avec les accords de Matignon-Oudinot.
De nombreux pouvoirs ont été transférés à ce territoire d'outre-mer devenu très autonome vis-à-vis de l'Etat. Les calédoniens seront prochainement consultés par référendum sur les dernières étapes prévues en 1998 par l'Accord de Nouméa. Il s'agit notamment du transfert des compétences régaliennes : la monnaie, la défense, la justice...
Le chemin emprunté depuis la fin des années 80 a permis d'apaiser les tensions entre les indépendantistes Kanak et les Calédoniens issus de la colonisation. Les « événements » sanglants qui ont opposé les deux factions à l'époque semblent bien loin.
Le paysage politique reste malgré tout fortement polarisé autour du rapport de force entre indépendantistes et loyalistes.
Derrière les postures des élus, où en sont réellement les communautés qui se faisaient face il y a trente ans ?
Que reste-t-il de l'idéal du « destin commun » prôné par l'Accord de Nouméa, lorsqu'on le confronte à la vie du quotidien ?
Le premier volet de ce travail - en cours de réalisation - brosse un portrait du « Far West calédonien ».