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Johan Morin

"L'oasis" cévenole

The cévenole oasis

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Lorsque l'on vit dans une vallée reculée des Cévennes méridionales, les mesures de confinement du à la pandémie de Covid-19 mises en place par le gouvernement le 16 mars dernier changent en réalité peu de choses dans votre quotidien.
Loin des villes, on se sent préservé du côté anxiogène de cette situation inédite.
L'achat de courses pour plusieurs semaines, l'optimisation des déplacements, le travail depuis chez soi, peu d'interactions à cette période de l'année font déjà partie intégrante de notre vie quotidienne. On prépare le potager, on continue à construire les structures en bois sur le terrain, à couper le bois pour l'hiver prochain, ...
Finalement, la seule grande transformation à laquelle on est confronté pendant cette période historique est l'interaction avec les personnes vivant sur le lieu. Habituellement lieu de passage pour accueillir les amis et la famille, ou encore les stages, il deviendra le temps de quelques semaines une oasis éphémère.

Plusieurs générations se retrouvent à vivre ensemble pendant le confinement, avec la même volonté de développer une autonomie. Si le lieu présente déjà une certaine autonomie avec la source d'eau potable, la chaudière à bois et les panneaux solaires (chauffage et eau chaude), chacun.e mettra la main à la pâte pour participer aux divers projets de création pour la développer.

Dès le début du confinement, c'est une expérience de vivre ensemble qui nous est offerte. Des temps d'échange sont créés afin de partager la météo intérieure de chacun.e, les ressentis, les envies, les besoins aussi. C'est également un temps propice pour convenir des chantiers participatifs sur le lieu, auxquels chacun.e est libre de se joindre selon son propre rythme, ses compétences, ses envies.

Et puis, passée l'effervescence des premières semaines, chacun.e conscientise le besoin de temps pour soi, pour accueillir, méditer, ressentir ce qui se joue à l'intérieur de soi. Car finalement, peu importe la taille du lieu du confinement, chacun.e a son lot de transformation intérieure...

A la fin de ce confinement tout à fait inédit, chacun.e aura acquis du savoir dans un ou plusieurs domaines, vécu de nouvelles expériences, appris sur autrui et sur soi-même et ses limites. Cette oasis éphémère restera gravée dans les souvenirs de tou.te.s.

Alors que les villes semblaient s'être arrêtées, effondrées, la vie dans cette vallée reculée des Cévennes était déjà en train de nourrir demain.

When you live in a remote valley in the southern Cévennes, the Covid-19 pandemic containment measures put in place by the government on March 16, 2020 actually change little in your daily life.
Far from the cities, you feel preserved from the anxiety side of this unprecedented situation.
Buying groceries for several weeks, optimizing travel, working from home, few interactions at this time of the year are already an integral part of our daily life. We prepare the vegetable garden, we continue to build the wooden structures on the land, to cut the wood for next winter, ...
In the end, the only major transformation we face during this historical period is the interaction with the people living on the site. Usually a place of passage to welcome friends and family, or even internships, it will become an ephemeral oasis for a few weeks.

Several generations find themselves living together during confinement, with the same desire to develop autonomy. If the place already has a certain autonomy with the source of drinking water, the wood boiler and the solar panels (heating and hot water), everyone will put their hand to work to participate in the various creative projects to develop it.

From the very beginning of the confinement, it is an experience of living together that is offered to us. Exchange times are created in order to share each person's inner weather, feelings, desires and needs as well. It is also a good time to agree on participative workcamps on the site, to which everyone is free to join according to their own rhythm, skills and desires.

And then, after the effervescence of the first weeks, everyone becomes aware of the need for time for oneself, to welcome, meditate and feel what is at stake inside. Because finally, no matter the size of the place of confinement, everyone has their own inner transformation...

At the end of this completely new confinement, everyone will have acquired knowledge in one or more areas, lived new experiences, learned about others and about oneself and its limits. This ephemeral oasis will remain engraved in everyone's memories.

While the cities seemed to have stopped, collapsed, life in this remote valley of the Cévennes was already nourishing tomorrow.