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Camille Michel

Arctic Hunters

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Julien est français, 43 ans, ancien alpiniste, parachutiste et base jumper  professionnel. Il a décidé de partir vivre au Groenland il y a 15 ans. Il s'est installé dans la ville d'Ilulissat où il a fondé une famille avec Charlotte, une femme Groenlandaise. Julien est devenu chasseur avec l'aide de la population qui l'a parfaitement intégré. Il possède un permis professionnel et chasse de façon traditionnelle, en traîneau, avec sa propre meute. Julien passe huit mois de l'année sur la glace, au coeur de la nature arctique, avec pour seuls compagnons ses chiens et parfois ses amis chasseurs.
Fin septembre 2016 Julien et moi partons à la chasse aux rennes avec trois chasseurs groenlandais, Kim, Ringo et Casper. Nous embarquons deux meutes de chiens et des traîneaux sur des poka 600, des petits bateaux couramment utilisés au Groenland. Direction le nord de Saqqaq dans la péninsule de Nuussuaq. Fin septembre 2016, à l'étonnement général, la neige n'est pas encore tombée en basse altitude. Nous allons devoir marcher pour ne pas abîmer les traîneaux et les pattes des chiens. Tous les jours nous partons à l'aube dans la montagne parcourant de nombreux km pour traquer les rennes. Le soir nous dormons en bivouac ou au camp de chasse. Une petite cabane en bois rudimentaire située près d'une rivière qui nous fournit de l'eau douce. Ici il n'y a pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de réseau. 
Julien m'explique qu'il n'a jamais chassé auparavant mais qu'ici c'est différent. La chasse n'est pas un loisir mais un métier. Il travaille surtout pour les écoles, afin d'apporter de la nourriture saine aux enfants. Lorsqu'un renne est capturé aucun déchet n'est produit. La peau est utilisée pour fabriquer des vêtements chauds pour les hivers ou pour couvrir les traîneaux, les bois pour sculpter des objets ou des bijoux. Julien ramènera d'ailleurs des bois pour sa fille qui lui a demandé. Ulloriaq a 6 ans elle est déjà championne de traîneau et a sa propre meute.
La pêche et la chasse sont toujours les activités économiques principales du Groenland. Les animaux sont sauvages et non issus d'élevages. L'alimentation traditionnelle permet d'apporter un salaire aux familles de pêcheurs et chasseurs et une nourriture saine. Les denrées  importées d'Europe sont chères et alimentent le marché de la consommation de masse. De plus certains villages au Nord ne sont pas ravitaillés. Les quotas de pêche et de chasse sont fixés par le gouvernement Groenlandais, en lien avec WWF. Actuellement le mode de vie Groenlandais, les espèces animales et l'environnement sont menacés par l'arrivée du monde moderne ( réchauffement pollution tourisme)

Julien is French, 43, a former mountain-climber, parachutist, and a professional base jumper. He decided to move to Greenland 15 years ago. He settled down in a town called Ilulissat, where he created a family with Charlotte, a Greenlandic woman. Julien became a hunter thanks to the help of the local inhabitants who successfully integrated him. He has a professional license and practices traditional hunting, on a sledge, with his own dog pack. Julien spends eight months of the year on the ice, in the heart of the arctic nature, with his dogs? companionship only or sometimes with hunting partners.

At the end of September 2016, Julien and I went reindeer hunting, along with three Greenlandic hunters: Kim, Ringo and Casper. We embarked two dog packs and two sledges on poka 600?s, which are small boats often used in Greenland. We headed towards the north of Saaqaq in the Nuussuaq peninsula. By then the snow had surprisingly not yet fallen in low altitude. We will have to walk in order to not damage the sledges and preserve the dogs? paws. Every day we leave to the mountains at dawn and walk numerous kilometres to track reindeers. At night we sleep in a bivouac or at the hunting camp: a very basic wooden hut that provides us with fresh water. Here there is no running water, no electricity nor network.

Julien told me that he never hunted before but  it is different here. Hunting is not a hobby but a job. He mostly works for schools, to bring fresh food to children. When a reindeer is captured, no waste is created: the skin is used for making warm clothes or to cover sledges; antlers are used for making sculptures or jewelleries. That time Julien brought antlers to his daughter because she asked for it. Ulloriaq is 6 years and she already is a sledge champion and owns her own pack. 

Hunting and fishing still are the main economic activities in Greenland. Animals are wild and not bred. ?Traditional feeding? is a source of income for hunting families, but also a healthy food source. Imported foods from Europe are expensive and supply mass consumption markets. Moreover some towns in the north are not supplied. Fishing and hunting quotas are set by the government in collaboration with WWF to preserve the environment.