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Clara Chichin / Photography multimedia

Sous les yeux que quelques minutes épuisent  /  Texte / Planche / Slide

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- le vent -

- les larmes font peser les cernes -

sous les yeux que quelques minutes épuisent .

Le temps, le vent, font se déplier, défiler, les images dans un espace-temps onirique, une durée en train de s’écouler. Les images s’impressionnent et s’évanouissent sur la rétine.



Les images s'impressionnent et s'évanouissent sur la rétine. Comme des échos, des persistances rétiniennes, des restes mémoriels, les images sont en train de disparaître, elles ne sont plus tout à fait des images du réel. Elles gardent en elles encore - un peu - de temps. Plus tout à fait des images fixes, - presque - des séquences, elles débordent de leur cadre. Elles portent en elles l?instant qui précède et l'instant qui succède, l'instant fuyant - image en fuite -. Sous les yeux que quelques minutes épuisent rassemble un large corpus de photographies composé d'images prises entre 2008 et aujourd'hui, jusque là présentées sous formes de courtes séries. Le titre de la série, résolument poétique, nous introduit dans un univers onirique. On y retrouve les motifs poétiques qui me sont chers : l'éblouissement, la nuit, le femmes à la longue chevelure brunes comme des autoportraits, les dormeurs qui ouvrent a un espace imaginaire, l'amour - les étreintes, les baisers -, l'amitié, la solitude aussi. Cet univers s'est construit au fil du temps, de mes rencontres, de mes déplacements et des paysages traversés.




" Sous les yeux que quelques minutes épuisent

Les paysages sont suspendus, les personnages isolés un pas en retrait de la scène où la photographie se déroule. Les images de Clara Chichin sont traversées et jointes par un même flou que l’on ressent comme un tremblement. Les couleurs ne sont jamais exactement celles du monde, les formes incertaines peinent à affirmer leurs contours. Le choix du traitement croisé infléchi le réel, les teintes sont à lisière de la fiction. Dans la série "Sous les yeux que quelques minutes épuisent", la photographe laisse son oeil se briser contre l’instant. Rien n’est figé, les photographies troublées frémissent et trahissent l’impossibilité de l’image à s’emparer d’un instant parfaitement intact. Le regard s’anéantit dans un écoulement qu’il ne parvient pas à circonscrire. Les photographies sont en train de disparaître, n’en reste que l’écho, une persistance rétinienne. Cette série composée de dormeurs, de clarté qui fendent la surface sensible inspire une tristesse claire. Pas de mise en scène ou de lumière trop composée ; la simplicité de ce travail lui confère une élégance qui s’affirme au détour d’images fugitives. Comme en poésie, c’est le rythme entre les formes, les respirations blanches et les accents noirs qui font résonner les images. "


Hélène Giannecchini, Historienne de la photographie, critique, commissaire, chercheur à la Bibliothèque nationale de France, auteur de  Une image peut-être vraie. Alix Cléo Roubaux (ed Seuil, collection la librairie du XXIème siècle.)