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Benjamin Mengelle

Lagarder Danciu - Portrait d'un activiste atypique pour le droit au logement

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Né orphelin en Roumanie sous le régime de Nicolae Ceausescu, Lagarder est placé dés son plus jeune âge dans un foyer où la violence et les humiliations sont fréquentes. L'école lui apparaît alors comme l'issue de secours. Lagarder aime apprendre et comprendre ce qui l'entoure. Dés l'âge de dix ans, il s'intéresse à la littérature et la philosophie. Une institutrice le remarque, le soutient et va le pousser jusqu'à l'université de Bucarest. Il y obtient un diplôme de travailleur social et une licence en sociologie. Sensible par nature aux questions sociales, Lagarder entame alors un premier combat contre la corruption au sein du système d'assistance sociale de son pays qui mènera à la démission plusieurs directeurs de centre d'accueil pour mineurs. Malgré sa réussite scolaire, Lagarder n'est pas épanoui faute de pouvoir vivre librement son homosexualité en Roumanie. C'est alors qu'un ami lui confie qu'en Europe de l'ouest deux hommes peuvent se tenir la main dans la rue sans aucun risque.
Lagarder n'hésite pas une minute et quitte la Roumanie pour le Portugal dans un espoir de liberté. Il déchantera très vite. Dés son arrivée au Portugal, il est pris en charge par un réseau d'exploitation de mains d'oeuvres agricoles clandestines, qui le mènera jusqu'en Andalousie. Il passera plusieurs mois à travailler 16 heures par jours dans les champs d'oliviers et à dormir dans une pièce avec une trentaine d'autres travailleurs clandestins. Il prend alors le risque de s'échapper et arrive dans le petit village d'Aracena dans l'ouest de l'Andalousie. Il y fait la connaissance d'une institutrice, qui lui apprendra l'espagnol, l'hébergera, et lui trouvera un contrat de travail comme serveur.
Lagarder se reconstruit et décide de partir tenter sa chance à Séville. L'équivalence de ses diplômes en poche, il trouve un premier travail comme médiateur social dans les collèges et un second comme traducteur roumain/espagnol au tribunal de Séville. Deux ans plus tard, frappé par la crise, il perd ses emplois et son logement. Il prend alors conscience de l'ampleur de la crise sociale qui touche le sud du pays. Il décide alors de militer pour le droit au logement et contre l'exclusion sociale qui menace des milliers de Sévillans. Il entend par ce combat faire valoir le droit constitutionnel à un logement digne, dénoncer les dysfonctionnements des services sociaux et interpeller les pouvoirs publiques sur leur passivité face à la problématique du logement. Il crée alors le campement "Dignidad" où il accueil les sans abris et mène plusieurs actions militantes dans la capitale andalouse pour rendre visible ce fléau et mettre les politiques face à leurs responsabilités.