La Gagaouzie, région autonome de Moldavie, sous influence russe
Indépendante depuis 1991, après la chute de l'Union Soviétique, la Moldavie s'est engagée sur une trajectoire européenne sous la présidence de Maia Sandu, tandis que la Russie cherche à consolider son influence et à déstabiliser le pays.
Comme la Transnistrie, région séparatiste soutenue par Moscou, la Gagaouzie est un territoire où l'influence russe et l'héritage soviétique restent particulièrement visibles. Contrairement à la Transnistrie, elle fait partie intégrante de la Moldavie et bénéficie depuis 1994 d'un statut d'autonomie, avec son propre parlement et un gouverneur élu.
Peuplée majoritairement de Gagaouzes, un peuple turcophone originaire des Balkans et de tradition orthodoxe, la région conserve une forte empreinte soviétique et russophone. Statues de Lénine et de Marx, faucille et marteau, inscriptions russes ou commémoration du 9 mai 1945 témoignent de cette héritage.
Cette mémoire est pourtant loin d'être univoque. La Gagaouzie, région agricole, fut durement touchée par la famine soviétique de 1946-1947, qui fit des dizaines de milliers de victimes en Moldavie. Le musée d'Avdarma, consacré à cette tragédie rappelle aujourd'hui les violences liées au régime soviétique.
Entre mémoire de la répression, héritage linguistique russe et attachement à une identité propre, la Gagaouzie illustre la complexité des liens entre la Moldavie, la Russie et son passé soviétique.
Gagauzia, an autonomous region of Moldova under Russian influence
Independent since 1991, following the collapse of the Soviet Union, Moldova has embarked on a European path under President Maia Sandu, while Russia seeks to preserve its influence and destabilize the country.
Like Transnistria, a separatist region supported by Moscow, Gagauzia is a territory where Soviet legacy and Russian influence remains particularly visible. Unlike Transnistria, however, it is an integral part of Moldova and has enjoyed autonomous status since 1994, with its own parliament and an elected governor.
Predominantly inhabited by the Gagauz, a Turkic-speaking people originating from the Balkans and belonging to the Orthodox Christian tradition, the region retains a strong Soviet and Russian-speaking imprint. Statues of Lenin and Marx, hammer and sickle symbols, Russian-language signs and commemorations of 9 May 1945 bear witness to this legacy.
Yet this memory is far from unambiguous. Gagauzia was severely affected by the Soviet famine of 1946–1947, which claimed tens of thousands of lives in Moldova. A museum dedicated to this tragedy now recalls the suffering and repression associated with the Soviet regime.
Between the memory of repression, the legacy of the Russian language and a strong sense of local identity, Gagauzia reflects the complex ties between Moldova, Russia and its Soviet past.