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Ceuta, la ligne frontière
Ceuta, Espagne, 4 août 2026. À l’extrémité nord du Maroc, Ceuta forme une enclave espagnole de quelques kilomètres carrés, séparée du territoire marocain par une frontière terrestre qui se prolonge jusque dans la Méditerranée. Pourtant, observée depuis le littoral, cette séparation contraste avec la continuité du paysage. Les plages, les reliefs et les espaces urbains se succèdent sans rupture géographique apparente entre Ceuta et le Maroc.
À proximité immédiate de la frontière, cette ligne administrative devient au contraire extrêmement concrète. Clôtures, barbelés, postes de surveillance, portails et dispositifs maritimes matérialisent la limite du territoire espagnol. Quelques centaines de mètres plus loin, ces infrastructures disparaissent du regard : les plages se remplissent de baigneurs et de parasols tandis que le littoral marocain prolonge naturellement celui de Ceuta.
Cette frontière constitue également une porte d’entrée vers l’Europe pour des migrants marocains et subsahariens. Les récentes tentatives de franchissement restent visibles dans le paysage : chaussures, vêtements, bouées et effets personnels attribués à des personnes ayant tenté de rejoindre l’enclave à la nage sont ramenés sur les plages par les courants et les marées. Près de la frontière, agents municipaux et membres de la Guardia Civil interviennent sur une portion du littoral utilisée lors des passages et des reconduites vers le Maroc.
Plus loin dans Ceuta, des migrants subsahariens ont installé des abris de fortune au cœur de zones boisées. Leur présence constitue une autre trace, moins visible, de ce que produit cette frontière au-delà de sa matérialisation physique.
Ceuta, the border line
Ceuta, Spain, August 4, 2026. At the northern tip of Morocco, Ceuta forms a Spanish enclave of a few square kilometres, separated from Moroccan territory by a land border extending into the Mediterranean. Yet, when viewed from the coastline, this division contrasts with the continuity of the landscape. Beaches, mountains and urban areas follow one another without any apparent geographical break between Ceuta and Morocco.
Immediately beside the border, however, this administrative line becomes extremely tangible. Fences, barbed wire, surveillance posts, gates and maritime barriers mark the limits of Spanish territory. A few hundred metres further away, this infrastructure disappears from view: beaches fill with swimmers and umbrellas while the Moroccan coastline naturally continues beyond Ceuta.
The border also represents a gateway to Europe for Moroccan and sub-Saharan migrants. Traces of recent attempts to cross remain visible in the landscape: shoes, clothing, flotation devices and personal belongings believed to have belonged to people attempting to reach the enclave by swimming are washed onto the beaches by currents and tides. Near the border, municipal workers and members of Spain’s Guardia Civil operate along a section of coastline used during crossings and returns to Morocco.
Further inside Ceuta, sub-Saharan migrants have established makeshift shelters in wooded areas. Their presence forms another, less visible trace of what this border produces beyond its physical infrastructure.