PRÉSENT·ES
Il y a des rues qui se souviennent, ou peut-être sommes‑nous celles qui, en marchant, leur prêtons mémoire. Des places où le temps se plie sous le poids des voix, des pancartes, des chants, où la mémoire des luttes féministes et antiracistes dialogue avec l’urgence du présent.
Dans le cortège, étudiantes, travailleuses, militantes et minorités de genre réaffirment leur présence ce 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités. Ici convergent des temporalités multiples : la mémoire des combats passés, la conscience des fractures sociales et économiques, et l’imaginaire d’une société qui refuse de reproduire les hiérarchies patriarcales, racistes et capitalistes.
Chaque pas, chaque voix, chaque banderole devient un acte de résistance et d’exigence collective : contre le patriarcat et le racisme institutionnel, contre la précarité, l’exploitation et la division sociale, contre un capitalisme qui nourrit l’inégalité et invisibilise les plus vulnérables. La rue se transforme en espace politique, où la solidarité féministe et la lutte pour la justice sociale s’entrelacent, où les mobilisations individuelles deviennent un mouvement collectif qui traverse les générations.
Le 8 mars fissure le rythme ordinaire de la ville. Il interroge non seulement le travail, le genre et le pouvoir, mais aussi les institutions, les normes sociales et l’ensemble du système qui perpétue les oppressions. Il rappelle que la lutte pour la dignité n’est jamais solitaire : elle se déploie dans le temps et l’espace, reliant les combats locaux aux mouvements mondiaux, les mobilisations d’hier aux exigences d’aujourd’hui, et inscrivant dans la mémoire collective la nécessité de transformer radicalement les rapports de pouvoir.