FRÈRES D'EXIL
Mamadou, Souleymane, Moussa, Dieudonné, Adama, Abdoulaye et les autres.. Ils ont tous été évalués majeurs à leur arrivée en France et ont été remis à la rue par l'Aide Sociale à l'Enfance. Ils sont maintenant plusieurs centaines en procédure de recours devant un juge des enfants pour faire reconnaître leur minorité. Derrière l'attente de cette décision finale de justice longue de plusieurs mois, l'espoir maintient debout. Chaque mercredi et samedi ils vont aux cours de Français donnés par l'association Utopia56 avec la volonté d'apprendre, se perfectionner et rejoindre les bancs de l'école publique, faire une formation pour devenir médecin, plombier, ferronnier, cuisiner. Tous les soir, de nouveaux jeunes se présentent aux associations sur la place de l'Hôtel de Ville à Paris. C'est ici qu'ils peuvent retrouver les associations et être orientés vers des accueils de jours, des distributions et structures adaptées à leur situation avant de rejoindre les différents campements formés dans la ville. Des sourires et gestes de solidarité se déploient et parviennent parfois dans l'instant à apaiser les douleurs, les désillusions et les solitudes que ces adolescents à la façade éclatante savent bien cacher.
Adam est arrivé à Paris en juin 2022. Comme les autres, le service d'évaluation refuse de reconnaître sa minorité. A la rue pendant plusieurs mois, Adam écrit ses chansons. Il raconte la triste réalité vécue par les mineurs isolés. Petit à petit la colère disparaît. En novembre 2022, Adam est finalement reconnu mineur par le juge des enfants. Depuis, il suit un Bac Pro mécanique et vit maintenant en colocation dans un petit appartement du 19e arrondissement de Paris.
frères d'exil
Mamadou, Souleymane, Moussa, Dieudonné, Adama, Abdoulaye and the others... They were all assessed as adults upon their arrival in France and were put out on the streets by the Child Welfare Services. Several hundred of them are now in the process of appealing to a juvenile court judge to have their minority status recognised. While they wait for the final court decision, which could take several months, hope keeps them going. Every Wednesday and Saturday, they attend French classes given by the Utopia56 association, eager to learn, improve their skills and enrol in public school, or train to become doctors, plumbers, metalworkers or cooks. Every evening, new young people arrive at the associations on the Place de l'Hôtel de Ville in Paris. Here, they can find associations and be directed to day centres, food distribution points and facilities adapted to their situation before joining the various camps set up in the city. Smiles and gestures of solidarity are exchanged, sometimes instantly soothing the pain, disillusionment and loneliness that these teenagers, with their bright exteriors, are so good at hiding.
Adam arrived in Paris in June 2022. Like the others, the assessment service refuses to recognise his minority status. Living on the streets for several months, Adam wrote songs. He recounted the sad reality experienced by unaccompanied minors. Little by little, his anger faded. In November 2022, Adam was finally recognised as a minor by the juvenile court judge. Since then, he has been studying for a vocational baccalaureate in mechanics and now lives in a small shared flat in the 19th arrondissement of Paris.