L'ÉCOLE DES SANS ÉCOLE
Le droit à l’éducation est garanti à chaque enfant par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), quels que soient son statut, son parcours ou sa nationalité. Pourtant, plusieurs centaines de jeunes en recours de minorité sont aujourd’hui laissés à la rue par l’État, privés d’accès à l’école et à toute forme de scolarité.
Ce mercredi, comme ces dernières semaines, les salles aménagées par l’association Utopia 56 pour les cours de français sont pleines à craquer. Il n’y a pas assez de chaises ni de bureaux pour tout le monde : les jeunes se partagent des tabourets, s’assoient entre les tables ou au fond de la classe. Entre une dictée et une leçon sur le participe passé et l’imparfait, M., originaire de Guinée, raconte son quotidien :
« Je dors dans un parc depuis plusieurs mois. Ce n’est pas facile. La police ne nous laisse pas dormir quand on est trop nombreux. J’aime venir aux cours de français. C’est le moment de la semaine que je préfère. On est ensemble. J’arrive à oublier tout le reste, tu vois ? »
Arrivé en France en avril 2023, M. faisait partie des jeunes hébergés à l’école Erlanger. En recours de minorité, il attend la décision du juge depuis plus de quatre mois. Malgré les difficultés et les violences vécues ces derniers mois, M. parle avec détermination de son envie d’étudier et de suivre une formation pour devenir plombier.
THE SCHOOL FOR THE SCHOOLLESS
The right to education is guaranteed to every child by the International Convention on the Rights of the Child (CRC), regardless of their status, background or nationality. However, several hundred young people seeking asylum are currently being left on the streets by the State, deprived of access to school and any form of education.
This Wednesday, as in recent weeks, the rooms set up by the Utopia 56 association for French lessons are packed to capacity. There are not enough chairs or desks for everyone: the young people share stools, sit between tables or at the back of the classroom. Between a dictation and a lesson on the past participle and the imperfect tense, M., originally from Guinea, recounts his daily life:
"I've been sleeping in a park for several months. It's not easy. The police don't let us sleep when there are too many of us. I like coming to French classes. It's my favourite time of the week. We're together. I manage to forget everything else, you see?"
M. arrived in France in April 2023 and was one of the young people housed at the Erlanger school. He has been awaiting the judge's decision on his minority appeal for more than four months. Despite the difficulties and violence he has experienced in recent months, M. speaks with determination about his desire to study and train to become a plumber.