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MANIFESTATION CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES - IX
Ce jeudi 23 mars, Paris connaît une neuvième journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, une semaine après le passage en force du gouvernement, qui a recouru à l’article 49.3 pour imposer la loi sans vote à l’Assemblée nationale. Ce geste autoritaire, loin de clore la séquence politique, a ouvert une nouvelle phase du conflit social : celle d’une contestation qui s’enracine et se radicalise.
La rue continue de répondre, malgré ou à cause de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, prononcée la veille au soir. Un discours largement rejeté par les organisations syndicales, les forces d’opposition et une large part de la population. « Vous n’avez pas été élu sur une adhésion majoritaire à votre programme ; il n’existe pas de légitimité nationale pour cette réforme », rappelle Edwy Plenel, soulignant que le chef de l’État n’a recueilli au premier tour que 18 % des électeurs inscrits, dans une élection marquée par une configuration exceptionnelle « une circonstance accidentelle », comparable, selon lui, à celle de Jacques Chirac en 2002 face à l’extrême droite. Laurent Berger dénonce un président « hors sol, arrogant, menteur, irresponsable ». Mathilde Panot parle d’un discours « hors de toute réalité sociale ». « Chaque phrase est une provocation, une étincelle au-dessus d’un baril de poudre », résume Clémence Guetté.
Dans ce climat de défiance profonde, la colère ne retombe pas. Actions de blocage, manifestations spontanées et rassemblements nocturnes se multiplient dans la capitale comme sur l’ensemble du territoire. Parallèlement, les témoignages et les images de violences policières se sont accumulés au fil des jours, documentant les dérives d’un maintien de l’ordre de plus en plus contesté : coups de matraque portés sur des personnes ne présentant aucun danger, tirs non réglementaires, nasses prolongées, journalistes entravés dans l’exercice de leur travail, interpellations arbitraires.
Après la vague d’arrestations, avocats et associations de défense des libertés dénoncent des « violences » et des « détournements de procédure ». En une semaine, onze enquêtes pour violences policières présumées ont été ouvertes. Autant de signaux d’alerte dans une séquence où le pouvoir semble avoir choisi la surdité institutionnelle et la coercition comme modes de gouvernement, au risque d’approfondir une crise démocratique déjà largement entamée.
DEMONSTRATION AGAINST PENSION REFORM - IX
On Thursday 23 March, Paris saw its ninth day of protests against the proposed pension reforms, one week after the government used Article 49.3 to force the bill through the National Assembly without a vote. Far from ending the political saga, this authoritarian move has opened a new phase in the social conflict, with protests taking root and becoming more radical.
The streets continue to respond, despite or because of Emmanuel Macron's televised address the night before. His speech was widely rejected by trade unions, opposition forces and a large part of the population. "You were not elected on the basis of majority support for your programme; there is no national legitimacy for this reform,‘ said Edwy Plenel, pointing out that the head of state won only 18% of registered voters in the first round, in an election marked by exceptional circumstances, ’an accident," comparable, in his view, to that of Jacques Chirac in 2002 against the far right. Laurent Berger denounces a president who is ‘out of touch, arrogant, dishonest and irresponsible’. Mathilde Panot speaks of a discourse that is ‘completely divorced from social reality’. ‘Every sentence is a provocation, a spark above a powder keg,’ sums up Clémence Guetté.
In this climate of deep mistrust, anger continues to simmer. Blockades, spontaneous demonstrations and night-time gatherings are multiplying in the capital and across the country. At the same time, testimonies and images of police violence have accumulated over the days, documenting the excesses of an increasingly contested law enforcement: baton blows against people posing no danger, illegal shooting, prolonged kettling, journalists prevented from doing their job, arbitrary arrests.
Following the wave of arrests, lawyers and civil liberties organisations have denounced ‘violence’ and ‘abuses of procedure’. In one week, eleven investigations into alleged police violence were opened. These are warning signs in a period where the authorities seem to have chosen institutional deafness and coercion as their modes of government, at the risk of deepening an already well-established democratic crisis.