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Omar Cornut, Programmeur de Dear ImGui
Loin des clichés qu’on attribue aux geeks, Omar est flamboyant. Sa pensée dérive aussi vite que celle de Boris Vian dans des abîmes d’absurdité rigolarde. Il aime le beau, jouer, aimer, danser, manger et programmer. La passion lui est venue dès son plus jeune âge, lorsqu’il a découvert les jeux vidéo en Égypte, un vague souvenir de courses de chevaux. Puis, quand son camarade de CM1 a reçu un ordinateur et qu’un autre lui a brandi un guide de programmation en Basic, il a enfin pu réaliser ses premiers jeux. Nous étions en 1989, l’année de sortie de Wonder Boy: The Dragon’s Trap sur Master System.
Plus tard, il développera un émulateur de console Sega 8 bits pour PC en logiciel libre, car ceux disponibles sur les réseaux de l’époque ne le satisfaisaient pas. Ce projet, petit succès d’estime, lui vaudra d’être payé en vieilles cartouches de jeux, envoyées à sa demande par ses fans. Il en naîtra l’une des plus grandes collections de jeux Sega 8 bits au monde (plus de 4 000 jeux, des plus connus aux plus obscurs bootlegs taïwanais vendus sous le manteau, ainsi que 300 consoles et accessoires Master System), et une vocation pour le logiciel libre. Wonder Boy: The Dragon’s Trap, il en fera un reboot en 2017, avec des graphismes superbes et après une interminable négociation pour obtenir la licence.
Mais c’est avec "un bout de code" nommé Dear ImGui, publié il y a 11 ans, qu’il a acquis sa notoriété. ImGui est une bibliothèque d’interfaces graphiques, volontairement intuitive et disponible en libre accès. Elle est partout sans qu’on le sache : dans les jeux, la tech et d’autres secteurs, adoptée par une foule de programmeurs indépendants et de grandes entreprises comme Blizzard, Nvidia ou Deutsche Bank. Omar vit de son œuvre, grâce aux dons, et bien mieux qu’un poète. Il faut dire que, dans l’industrie culturelle, le jeu vidéo est de loin bien plus lucratif que tous les autres secteurs réunis.
Pour lui, le logiciel libre est "un enjeu de durabilité, de confiance et aussi de souveraineté numérique", auquel il tient fermement. Il reçoit le 5 mars 2026, le prix d’honneur pour son travail lors de la cérémonie des Pégases organisée par l’Académie des Arts et Techniques du Jeu Vidéo à Paris.
Omar Cornut, Developer of Dear ImGui
Far from the clichés often associated with geeks, Omar Cornut is flamboyant. His thoughts drift as swiftly as those of Boris Vian into abysses of playful absurdity. He loves beauty, playing, loving, dancing, eating—and programming. His passion began at a very young age, when he discovered video games in Egypt, a hazy memory involving horse racing. Then, when a classmate received a computer and another showed him a BASIC programming guide, he was finally able to create his first games. It was 1989, the year Wonder Boy: The Dragon's Trap was released on the Master System.
Later, he developed an open-source Sega 8-bit console emulator for PC, as those circulating on the networks at the time did not satisfy him. The project, a modest cult success, earned him payment in old game cartridges sent in by fans at his request. From this grew one of the largest Sega 8-bit game collections in the world (more than 4,000 titles, from the most famous to the most obscure Taiwanese bootlegs sold under the counter, along with 300 Master System consoles and accessories), as well as a calling for open-source software. In 2017, he created a reboot of Wonder Boy: The Dragon's Trap, featuring superb graphics after a lengthy negotiation to obtain the license.
But it was with “a piece of code” called Dear ImGui, released 11 years ago, that he gained widespread recognition. ImGui is a graphical user interface library, deliberately intuitive and freely available. It is everywhere without people realizing it: in games, tech, and other industries, adopted by countless independent programmers and major companies such as Blizzard Entertainment, Nvidia, and Deutsche Bank. Omar makes a living from his work through donations—and far better than a poet. It must be said that within the cultural industries, video games are by far more lucrative than all other sectors combined.
For him, open-source software is “a matter of sustainability, trust, and also digital sovereignty,” a cause he firmly upholds. On March 5, 2026, he will receive an honorary award for his work at the Pégases ceremony organized by the Académie des Arts et Techniques du Jeu Vidéo in Paris.