Papa Francesco, le dernier voyage
Lorsque fut annoncée la venue du Pape François, à peine un mois avant, l'ensemble de la Corse mit tout en oeuvre pour une venue qui allait devenir mémorable. Etant une terre très pieuse et très croyante, il paraissait impensable que le Pape François se rende sur cette petite île pour venir célébrer la ferveur du peuple corse envers sa personne. En à peine un mois, tout fut organisé : la messe, la ville, les concerts, les venues des différentes confréries (très nombreuses en Corse), la sécurité pour une venue aussi importante. Ce jour-là, on dit dans la rue que la ville était "bénite" de la lumière divine tant il régnait sur Ajaccio une atmosphère presque divine. La papa-mobile avançait dans les rues, à hauteur des passants, le Cardinal Bustillo présent derrière le Pape. Celui-ci saluait la foule, bénissait des enfants tendus à bout de bras et des vieilles dames. Nous étions à peine à quelques mètres de lui tandis qu'il avançait dans Ajaccio, entouré des passants, de ceux qui le saluaient depuis les balcons, et des robes aux milles couleurs des confréries de l'île. La proximité avec lui paraissait irréelle et je me souviens l'avoir regardé dans les yeux plus d'une fois, lui souriant et serrant les mains nombreuses des passants qui marchaient avec lui. L'année qui allait suivre allait être l'une des plus mortelles de l'île en terme d'assassinats et cet évènement fut comme un calme avant la tempête.
Pope Francis, the final journey
When Pope Francis’s visit was announced, barely a month earlier, the entire island of Corsica pulled out all the stops to ensure it would be a memorable occasion. As a deeply devout and religious land, it seemed almost unimaginable that Pope Francis would travel to this small island to celebrate the Corsican people’s fervent devotion to him. In barely a month, everything was organized: the Mass, the city, the concerts, the arrival of the various brotherhoods (which are very numerous in Corsica), and security for such an important visit. On that day, people on the street said the city was “blessed” by divine light, so much so that an almost divine atmosphere reigned over Ajaccio. The popemobile moved through the streets, level with the passersby, with Cardinal Bustillo standing behind the Pope. He greeted the crowd, blessing children reaching out with outstretched arms and elderly women. We were barely a few meters away from him as he made his way through Ajaccio, surrounded by passersby, by those waving to him from balconies, and by the multicolored robes of the island’s religious brotherhoods. Being so close to him seemed unreal, and I remember looking into his eyes more than once as he smiled and shook the many hands of the passersby walking alongside him. The following year was going to be one of the deadliest in terms of murders of the island and this event was like peace before storm.