UKRAINE : IMMERSION AU SEIN D’UNE UNITÉ INTERNATIONALE DU GUR
Depuis le début de l’invasion russe en 2022, les unités du GUR MO — le renseignement militaire ukrainien —occupent une place particulière dans le dispositif militaire du pays. Héritier d’une tradition post-soviétique où les services de renseignement disposent de leurs propres unités combattantes, il mène des missions en coopération avec les forces armées du pays.
Sur le front sud-est, dans la région de Zaporijjia, la guerre a profondément transformé leurs modes d’action. Comme sur d’autres secteurs majeurs du front, cette zone est progressivement devenue un laboratoire de la guerre moderne : saturation drone, frappes permanentes, réduction drastique des capacités de mouvement et fragmentation du terrain y redéfinissent continuellement les équilibres opérationnels. Le Revanche Tactical Group fait partie des unités du GUR. Créée le 28 février 2022, elle dépend aujourd’hui du commandement de la Légion Internationale du renseignement militaire et s’est progressivement développée jusqu’à approcher aujourd’hui le millier d’hommes, dont environ 30 à 40 % d’étrangers.
__
Revanche Tactical Group : unité internationale pensée pour l’action offensive
Contrairement à certaines unités à spécialité unique, le Revanche Tactical Group rassemble au sein d’une même structure plusieurs capacités complémentaires. Son commandant résume ainsi la philosophie de l’unité : « Nous réalisons un très large éventail de missions, mais doctrinalement notre base a toujours été l’action offensive. Reprendre du terrain et détruire les forces ennemies. » L’unité combine ainsi groupes d’infanterie à forte composante reconnaissance/sabotage, drones, artillerie, véhicules blindés et développe actuellement ses capacités anti-aériennes.
“Revanche International” désigne le programme de recrutement des volontaires étrangers au sein de l’unité. Militaires internationaux, civils sans expérience préalable ou volontaires déjà passés par d’autres unités ukrainiennes rejoignent ses rangs pour des raisons extrêmement variées : volonté de défendre l’Ukraine, recherche d’engagement, rejet du retour à la vie civile ou recherche d’un cadre opérationnel plus actif. Plusieurs volontaires interrogés évoquent également un niveau d’équipement, de préparation et d’autonomie souvent supérieur à celui observé dans certaines unités de l’armée régulière. Le commandant de l’unité, Dolya, insiste sur ce programme de recrutement et le challenge qui en découle : « Des milliers de personnes courageuses venues du monde entier rejoignent notre combat et en deviennent progressivement une partie intégrante. Désormais, un autre défi apparaît : intégrer correctement chaque personne dans une unité, trouver la bonne place pour chacun en tenant compte de toutes ses caractéristiques. »
__
Recrutement, formation et intégration
Au sein de Revanche, le recrutement des volontaires étrangers passe en grande partie par les réseaux sociaux. Selon le commandement, les profils recherchés ne sont pas uniquement militaires. Motivation, résistance psychologique, capacité d’adaptation et discipline comptent tout autant que l’expérience initiale. La formation militaire généraleukrainienne — le BZVP (Basic Military Training) — constitue le premier vrai filtre de sélection de ces combattants.
Selon les profils et les besoins opérationnels, elle s’étale généralement sur deux mois avant une première intégration sur le terrain. Compressée, accélérée et constamment adaptée aux retours d’expérience du front, elle évolue en permanence. « La formation reçue par un combattant en 2022 est très différente de celle reçue en 2026 », explique le commandant. Certains combattants ajoutent que cette adaptation permanente impose une autre logique : « Nous sommes envoyés sur le terrain en petits groupes. Chacun a sa spécialité ou des compétences particulières, mais tout le monde doit pouvoir remplacer tout le monde. Si quelqu’un tombe, le groupe doit continuer à fonctionner immédiatement. ». Les programmes changent continuellement mais couvrent aujourd’hui un spectre extrêmement large de compétences: maniement des armes, médecine tactique avancée, transmissions, emploi des drones, progression en tranchées, combat urbain, infiltration et assaut en terrain complexe. Toutefois, la guerre impose une autre difficulté aux formations et entraînements: il est devenu pratiquement impossible de concentrer des hommes au même endroit dans de grands centres d’entraînement fixes. Ils sont vulnérables et régulièrement ciblés. Les Ukrainiens utilisent donc des terrains improvisés et dispersés, évitant toute concentration détectable depuis les airs.
L’intégration des volontaires étrangers reste elle aussi un défi permanent. Viking, ancien marin civil devenu chef du peloton international chez Revanche depuis 2023, supervise la préparation opérationnelle et le suivi des rotations des volontaires étrangers. Son rôle dépasse largement celui d’un simple instructeur : « Quand quelqu’un me contacte depuis son pays, je suis responsable de lui jusqu’à son arrivée ici. » Contrats, équipement militaire, médical, hébergement, entraînement et accompagnement quotidien : Viking suit les volontaires à chaque étape. Il se souvient des débuts :« Quand j’ai commencé, j’avais seulement dix volontaires sous ma responsabilité. » Aujourd’hui, le projet a changé d’échelle.
Chez Revanche, les groupes étrangers restent encore majoritairement organisés par nationalité, principalement pour des raisons de cohésion immédiate face à l’urgence de certains déploiements. Le commandement reconnaît toutefois que l’objectif idéal serait à terme de composer les groupes selon les spécialités, les compétences techniques et l’expérience du terrain plutôt que selon l’origine des combattants. Dans les faits, tous communiquent en anglais sur le terrain et travaillent régulièrement en cohésion au sein des mêmes opérations.
__
Force Légion
Malgré les difficultés d’intégration et le manque de temps, cette hétérogénéité est aussi une force opérationnelle. Chaque volontaire arrive avec ses propres méthodes, ses réflexes et son expérience du combat. Les groupes échangent en permanence leurs techniques, adaptent leurs procédures et conservent ce qui fonctionne le mieux au contact du terrain. Kelt, un des volontaires français passé par la brigade Azov avant de rejoindre Revanche, explique par exemple avoir repris certaines techniques de progression apprises auprès d’instructeurs britanniques : « Les Français agrippent souvent le gilet du gars devant eux pendant une avancée en colonne. Les anglo-saxons de chez Azov m’ont appris àsimplement poser la main sur l’épaule pour ne pas gêner les mouvements. Je préfère. » Au sein de l’unité, les expériences ukrainiennes et internationales se mélangent progressivement jusque dans les réflexes de combat et les manières d’appréhender le terrain. Le commandement évoque également certaines différences de réaction face au terrain : selon lui, certains Sud-Américains habitués depuis l’enfance aux environnements tropicaux et aux insectes agressifs seraient parfois moins impressionnés par le bruit et l’agressivité des drones FPV que certains volontaires occidentaux, donc plus enclins à se défendre qu’à s’immobiliser. Plus qu’une simple observation, cette diversité de profils devient progressivement une véritable ressource tactique. Méthodes, réflexes, expériences et lectures du terrain circulent en permanence entre les groupes, faisant de cette hétérogénéité l’une des grandes forces opérationnelles de l’unité.
__
Les volontaires français de Revanche : autonomie et adaptabilité
Au sein de la branche internationale de Revanche, le groupe des français évolue désormais au rythme du cycle du front. Le chef de groupe, Manouche, 23 ans, est un ancien légionnaire du 2e Régiment Étranger de Parachutistes, notamment passé par le Mali. Il commande aujourd’hui ce petit groupe autonome de cinq personnes intégré à l’unité. Autour de lui gravitent des profils radicalement différents : Leepa, ancien artilleur polynésien du 1er RA, Kelt, agriculteur d’origine bretonne sans expérience militaire initiale et passé par la brigade Azov, Emil, ancien gendarme aux origines ukrainiennes, et Zoria, le plus jeune, ancien militaire du RMT (infanterie de marine). Ils ont entre 20 et 25 ans et sont arrivés en Ukraine avec leur propre histoire: besoin d’engagement ou recherche d’utilité guerrière et pour tous la volonté assumée de défendre l’Ukraine.
Actuellement déployés dans le secteur de Zaporijjia, ils alternent phases de préparation et départs en mission selon les besoins du commandement. Ils possèdent déjà une bonne expérience militaire en Ukraine et une forte autonomie sur le terrain. Pour Viking, leur instructeur, cela change tout : « Ils comprennent naturellement la hiérarchie et les procédures, ça fait gagner beaucoup de temps. » Cette expérience lui permet de leur laisser davantage d’autonomie : lieu de vie, chef de groupe désigné et organisation interne, liberté de mouvement pendant les périodes de récupération : « Si je leur donne une heure et un point de rendez-vous, ils seront là. Je leur fais confiance. »
A l’équipement critique fourni par l’unité - casque, porte plaques, gants tactiques, uniforme multicam, chaussures et sac à dos - s’ajoutent leurs armes en dotation: fusils d’assaut de type HK 416 / 433 ou encore CZ Bren 2, accompagnés par la lourde MG5 avec laquelle ils agissent sur ce terrain en 7.62. Les phases d’entrainement au tir sont fréquentes avant chaque départ en mission. Progression en colonne, drills de contact, travail en binôme, emploi de la machine gun tour à tour. Une préparation devenue indispensable dans un environnement où la survie dépend autant des réflexes collectifs que de la capacité d’adaptation.
__
Zaporijjia : combattre sous saturation ISR
Pour Dolya, chaque guerre finit par être marquée par son principal facteur tactique. Il résume simplement : « Chaque grande guerre a développé sa propre spécialité. La Première Guerre mondiale était celle de l’artillerie. La Seconde, celle des blindés. Celle-ci est devenue la guerre des drones. »
Sur le front sud-est autour de Zaporijjia, dans les steppes ouvertes à perte de vue comme dans la zone urbaine détruite de Stepnohirsk, la saturation ISR - Intelligence, Surveillance, Reconnaissance - via les drones d’attaque ou d’observation et les écoutes radio a profondément modifié les modes d’action des forces des deux camps. « Aujourd’hui l’ennemi sait tout de nous et on sait tout de lui », résume le commandement de Revanche.
La réduction drastique de la “kill chain” — le temps séparant la détection d’une cible de sa destruction — est devenue l’un des principaux facteurs du conflit. Désormais, quelques minutes, parfois moins, suffisent entre l’identification d’un groupe et l’arrivée d’une frappe, qu’elle vienne d’un FPV, d’un mortier ou d’une artillerie guidée en direct. Dans cet environnement, le moindre mouvement est extrêmement risqué. Les concentrations humaines importantes deviennent des cibles et les groupes d’infanterie comme ceux de Revanche se réduisent à des éléments de 2 à 5 hommes capablesde limiter leur signature visuelle et thermique. Les Russes eux aussi limitent désormais leur présence humaine directe sur certaines portions du terrain.
Sur ces lignes de front ouvertes au ciel sur des kilomètres, les armes d’appui lourdes deviennent beaucoup plus vulnérables. Les opérateurs transportent parfois plus de 80 kilos de matériel — machine, munitions et équipements de protection individuelle — tout en restant exposés aux drones ennemis capables de frapper pendant les phases de déplacement comme de mise en batterie. Cette menace permanente allonge les distances d’engagement et élargit la “kill zone” autour des équipes d’appui, rendant chaque sortie beaucoup plus risquée qu’auparavant. C’est ainsi qu’un grenade launcher équipé d’une MK19 se voit facilement mis sur la touche.
L’organisation défensive évolue elle aussi profondément. Les défenses linéaires ont laissé place à ce que le commandement appelle de la “nodal defense”, une défense organisée autour de points d’appui séparés plutôt qu’une ligne continue saturée d’hommes. Entre ces positions subsistent des espaces volontairement moins occupés, impossibles à saturer durablement en personnel mais constamment couverts par les drones ou les tirs indirects. Ces espaces inter-positionnels deviennent eux-mêmes des zones de manœuvre et d’infiltration : « Les Russes ne prennent parfois même plus les positions d’assaut. Ils infiltrent les espaces entre. » Cette logique rend les lignes beaucoup plus poreuses et oblige chaque groupe à surveiller en permanence ses arrières, ses axes logistiques et les zones auparavant considérées comme sécurisées.
À Stepnohirsk, au sud de Zaporijjia, cette saturation ISR est apparue de manière particulièrement brutale. Dans les immeubles éventrés de la ville, les étages servent de points d’observation mais les hommes restent tout aussi vulnérables aux attaques FPV. C’est dans ce secteur que Manouche, ancien légionnaire du 2e REP devenu chef de groupe au sein de Revanche, a passé presque deux mois sur position alors que la mission devait initialement durer une semaine. Les drones s’infiltraient dans les immeubles et attaquaient parfois les hommes en continu « toutes les deux à trois minutes pendant des heures et des heures », décrit-il. Pour ce légionnaire déjà passé par plusieurs OPEX,Stepnohirsk marque une rupture : celle d’un champ de bataille où la permanence de la menace drone finit par épuiser physiquement et psychologiquement les groupes les plus expérimentés.
Quel que soit le terrain, les exfiltrations deviennent parfois aussi dangereuses que les prises de position elles-mêmes. Certaines rotations imposent plusieurs dizaines de kilomètres de déplacement à pied afin d’éviter l’engagement d’un véhicule dans une zone surveillée en permanence par les drones ennemis. Ces phases d’exfiltrations sont désormais considérées comme des opérations à part entière. La moindre émission radio pouvant alors déclencher une frappe.
Communication, camouflage, dispersion logistique, autonomie des petits groupes, exfiltration discrète et adaptation permanente: sur les lignes de front du sud-est, des steppes ouvertes aux affrontements en milieu urbain, toute l’organisation du combat tourne désormais autour d’une même réalité — permettre la survie des groupes engagés sous couverture permanente des moyens de reconnaissance et de surveillance.
__
Le futur : professionnalisation et école de formation
Après quatre années de guerre, l’enjeu pour des unités comme Revanche n’est plus uniquement de tenir le front et de s’adapter en permanence aux évolutions du terrain, mais aussi de structurer durablement l’expérience accumulée depuis 2022. Dolya évoque ainsi la volonté de développer une véritable structure de formation (école) capable d’intégrer et former plus efficacement étrangers et ukrainiens, tout en continuant à adapter ses méthodes aux transformations rapides du champ de bataille. Car cette guerre impose désormais une évidence : les volontaires étrangers ne sont plus seulement des renforts ponctuels. Ils deviennent progressivement une composante durable des structures combattantes ukrainiennes.
UKRAINE: INSIDE AN INTERNATIONAL UNIT OF UKRAINIAN MILITARY INTELLIGENCE
Since Russia’s full-scale invasion in 2022, the units of the GUR MO — Ukraine’s military intelligence directorate — have taken on a distinct role within the country’s war effort. Rooted in a post-Soviet tradition in which intelligence services maintain their own combat formations, the GUR does not limit itself to intelligence gathering. Its units conduct reconnaissance, sabotage, special operations and offensive actions alongside the Ukrainian Armed Forces.
On the southeastern front, around Zaporizhzhia, the war has profoundly reshaped the way these units fight. Like several key sectors of the frontline, the area has gradually become a testing ground for modern warfare: drone saturation, constant strikes, severely restricted mobility and battlefield fragmentation now dictate the operational tempo.
The Revanche Tactical Group is one of the GUR’s combat units. Founded on February 28, 2022, it now falls under the command of the International Legion of Ukrainian military intelligence and has expanded steadily to nearly one thousand personnel, roughly 30 to 40 percent of them foreign volunteers.
__
Revanche Tactical Group: an international unit built for offensive warfare
Unlike units centered on a single specialty, the Revanche Tactical Group combines several capabilities within the same structure. Its commander, Dolya, summarizes the unit’s doctrine bluntly: “We carry out a very wide range of missions, but doctrinally our foundation has always been offensive action. Retaking ground and destroying enemy forces.” The unit combines infantry elements with a strong reconnaissance and sabotage component, drone teams, artillery, armored vehicles and is currently expanding its anti-air capabilities.
“Revanche International” refers to the unit’s foreign volunteer program. International servicemen, civilians without military backgrounds and volunteers previously attached to other Ukrainian formations all join for different reasons: defending Ukraine, searching for purpose, rejecting their civilian life or seeking a more operational environment. By choosing Revanche, several international fighters also point to a level of equipment, preparation and autonomy they consider higher than what is sometimes found in more conventional formations. Unit commander Dolya describes both the scale of the program and the challenge behind it: “Thousands of brave people from all over the world are joining our struggle and gradually becoming part of it. Now another challenge appears:properly integrating each person into a unit and finding the right place for them while taking all of their characteristics into account.”
__
Recruitment, training and integration
Within Revanche, foreign recruitment now takes place largely through social media. According to the commander, the profiles sought are not exclusively military. Motivation, psychological resilience, adaptability and discipline are considered just as important as prior operational experience.
The BZVP — Ukraine’s Basic Military Training course — acts as the first real filter for foreign volunteers. Depending on profiles and operational requirements, the course generally lasts around two months before a first frontline deployment. Compressed, accelerated and continuously rewritten according to battlefield feedback, the training pipeline has evolved constantly since 2022. “The training a fighter received in 2022 is very different from what he receives in 2026,” explains the commander. The reason is simple: the battlefield itself has changed. Some fighters describe a combat environment that now requires complete interchangeability inside small units: “We deploy in small groups. Everyone has a specialty or specific skills, but everybody must be able to replace everybody else. If someone goes down, the group has to keep functioning immediately.” Training now covers a broad operational spectrum: weapons handling, advanced tactical medicine, communications, drone employment, trench movement, urban combat, infiltration and assaults in complex terrain. But the war imposes another constraint on training itself. Concentrating large numbers of men for long periods inside fixed training centers has become increasingly dangerous. Such sites are vulnerable and regularly targeted. Ukrainian units therefore rely more and more on improvised and dispersed training grounds designed to avoid detectable concentrations from the air.
Viking, head of Revanche’s international platoon since 2023, oversees the integration, operational preparation and rotation cycle of foreign personnel. His role extends far beyond simple instruction: “When someone contacts us from his country, I’m responsible for him until he arrives here.” Contracts, military equipment, medical support, accommodation, training and day-to-day supervision all fall under his responsibility. He remembers the early stages of the program: “When I started, I only had ten volunteers under my responsibility.” Today, the project has expanded considerably.
Foreign groups within Revanche remain largely organized by nationality, mostly for the sake of efficiency (language = immediate cohesion).The commander nevertheless admits that the long-term objective would be to build groups according to specialties, technical skills and operational experience rather than nationality. However in practice, everyone communicates in English on operations and routinely works alongside fighters from other nationalities during the same missions.
__
Legion strength
Despite the difficulties of integration and the constant lack of time, this heterogeneity also becomes an operational asset. Every fighter arrives with his own methods, combat reflexes and battlefield experience. Groups constantly exchange techniques, adapt procedures and retain whatever proves most effective under combat conditions. Kelt, one of the French volunteers who served with the Azov Brigade before joining Revanche, describes how he adopted movement techniques learned from British instructors: “French guys often grab the vest of the man in front of them during column movement. The Anglo-Saxon instructors from Azov taught me to simply place my hand on the shoulder so I don’t interfere with movement. I prefer that.”
Inside the unit, Ukrainian and international experiences progressively merge, shaping combat reflexes and even the way fighters interpret terrain. The commander also points to differences in psychological reactions under battlefield conditions: according to them, some South American volunteers raised in tropical environments and around aggressive insects appear less intimidated by the noise and hostility of FPV drones than certain Western volunteers, making them more likely to react instead of freezing. More than a simple observation, this diversity of backgrounds gradually becomes a constant source of tactical adaptation whenever groups from radically different environments operate together: the true strength of an international legion.
__
The French Group: autonomy and adaptability
Inside Revanche, the French group now lives according to the rhythm of the frontline cycle. Its leader, “Manouche,” 23 years old, is a former French Foreign Legion paratrooper from the 2nd Foreign Parachute Regiment who notably served in Mali. He now commands this autonomous five-man element integrated into the Revanche Tactical Group. Around him are radically different profiles: Leepa, a former Polynesian artilleryman from the 1st Artillery Regiment; Kelt, a Breton farmer with no previous military background who later served with the Azov Brigade; Emil, a former gendarme of Ukrainian descent; and Zoria, the youngest member, a former marine infantry serviceman. All are between 20 and 25 years old and all arrived in Ukraine with their own personal trajectory: the need for commitment, the search for meaning or for all of them, the deliberate decision to defend Ukraine.
Currently deployed in the Zaporizhzhia sector, they alternate preparation phases with combat rotations depending on operational requirements. All of them already possess solid military experience and a high degree of autonomy in the field. For Viking, their instructor, this changes everything: “They naturally understand hierarchy and procedures. It saves a lot of time.” That experience allows him to grant them considerable autonomy: an appointed team leader, internal organization and freedom of movement during recovery periods: “If I give them a time and a rendezvous point, they’ll be there. I trust them.”.
Alongside the critical equipment issued by the unit — helmet, communication headset, plate carrier, tactical gloves, multicam uniform, boots and backpack — come their assigned weapons: HK416, HK433 or CZ Bren 2 assault rifles and the heavier MG5 machine gun, here chambered in 7.62. Live-fire training phases remain constant before deployments. Column movement, mutual cover drills, contact drills, buddy-team coordination and machine gun employment are rehearsed repeatedly. Preparation has become indispensable in an environment where survival depends as much on collective reflexes as on adaptability.
__
Zaporizhzhia: fighting under ISR saturation
For Dolya, every major conflict eventually becomes defined by its dominant battlefield factor. He puts it simply: “Every great war developed its own specialty. The First World War was the war of artillery. The Second was the war of armored vehicles. This one has become the war of drones.” Around Zaporizhzhia, from the open steppe stretching for kilometers to the destroyed urban environment of Stepnohirsk, ISR saturation — Intelligence, Surveillance and Reconnaissance — , FPV, observation drones and radiointerception has fundamentally transformed battlefield operations for both sides. “Today the enemy knows everything about us, and we know everything about him,” summarizes the Revanche commander.
The collapse of the “kill chain” — the time separating target detection from destruction — has become one of the defining realities of the conflict. Today, only minutes, sometimes less, separate the identification of a group from the arrival of a strike, whether from an FPV drone, mortar fire or artillery guided in real time. Under such conditions, any movement becomes a major risk.
Large concentrations of personnel immediately become targets, forcing infantry groups such as those within Revanche to operate in small two-to-five-man elements capable of minimizing their visual and thermal signature. Russian forces are now applying similar logic, reducing direct human presence across certain sectors of the battlefield.
On these frontlines exposed to the sky for kilometers, heavy support weapons have also become significantly more vulnerable. Operators sometimes carry more than 80 kilograms of equipment — weapon systems, ammunition and personal protective gear — while remaining exposed to enemy drones during movement and emplacement phases alike. The permanent FPV threat complicates deployment procedures, extends engagement distances and dramatically enlarges the kill zone surrounding support teams. Under such conditions, systems such as an MK19-equipped grenade launcher can rapidly become ineffective. Defensive organization has evolved just as radically. Linear defenses have progressively given way to what the commander calls “nodal defense”: separated strongpoints replacing continuous trench lines saturated with manpower.
Between these positions remain deliberately less occupied areas, impossible to permanently saturate with personnel but constantly monitored by drones and indirect fire. These inter-positional spaces have themselves become maneuver and infiltration zones. “The Russians sometimes don’t even assault positions anymore. They infiltrate the spaces between them.” This logic makes the frontlines significantly more porous and forces every group to permanently monitor rear areas, logistical routes and zones previously considered secure. In Stepnohirsk, south of Zaporizhzhia, ISR saturation manifested itself in an especially brutal way. Inside shattered apartment blocks used as observation posts, fighters remained constantly vulnerable to FPV strikes. It was in this sector that Manouche, the leader of the French group, spent nearly two months on position even though the mission was initially expected to last one week. According to him, drones infiltrated buildings and attacked continuously: “Every two or three minutes, for hours and hours.” For this legionnaire, already hardened by several overseas deployments, Stepnohirsk marks a rupture: a battlefield where the permanent drone threat eventually exhausts even the most experienced groups physically and psychologically. Manouche, the leader of the French group before a mission departure. Regardless of terrain, exfiltrations have become nearly as dangerous as the seizure of positions themselves. Certain rotations now require dozens of kilometers on foot in order to avoid deploying vehicles into areas permanently monitored by enemy drones. These exfiltration phases are now considered operations in their own right. Even the slightest radio transmission can trigger a strike.
Communications, camouflage, dispersed logistics, small-group autonomy, discreet exfiltration and constant adaptation: across the southeastern front, from open steppe to urban combat, the entire architecture of combat now revolves around a single reality — keeping frontline groups alive under permanent ISR saturation.
__
The future: professionalization and training structure
After four years of war, the challenge for units such as Revanche is no longer simply holding the line and adapting to battlefield evolution. The next step is structuring the experience accumulated since 2022 into something sustainable. Dolya now speaks openly about developing a genuine training structure capable of integrating and preparing both foreign volunteers and Ukrainians while continuously adapting methods to the rapid transformation of the battlefield. Because the war has now imposed an undeniable reality: Foreign volunteers are no longer temporary reinforcements. They are progressively becoming a lasting component of Ukraine’s combat structures.