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MOMBASA MARINE NATIONAL PARK #1
Au large de Mombasa, deuxième ville du Kenya, l'océan Indien abrite une extraordinaire diversité d'espèces marines. Sous la surface, les formations coralliennes offrent un habitat à une multitude de poissons et d'invertébrés. Des bancs de poissons tropicaux évoluent entre les colonies de coraux branchus ou massifs, tandis que des oursins, des crustacés et d'autres organismes peuplent les fonds rocheux. Cet environnement sous-marin appartient au parc national marin de Mombasa, l'un des espaces protégés du littoral kényan, où la biodiversité reste abondante malgré des pressions environnementales croissantes.
Créé en 1986, le parc s'étend sur environ 10 kilomètres carrés, entouré d'une réserve marine beaucoup plus vaste, d'environ 200 kilomètres carrés. La distinction est importante : la pêche et les activités d'extraction sont interdites dans le parc national, tandis qu'une pêche réglementée demeure autorisée dans la réserve. Ces eaux protégées constituent un refuge pour de nombreuses espèces, notamment les mérous, les vivaneaux, les poissons-chirurgiens et une multitude de petits poissons récifaux. Les récifs coralliens servent également de zones de reproduction et de nurseries, contribuant au renouvellement des populations marines au-delà des limites du parc.
L'importance écologique de ces récifs dépasse largement leur biodiversité. Les formations coralliennes contribuent à protéger le littoral de la houle, tandis que les habitats marins en bonne santé soutiennent la pêche et le tourisme. Pourtant, le parc national marin de Mombasa se trouve à proximité de l'une des zones urbaines et côtières les plus fréquentées d'Afrique de l'Est. Le développement du tourisme, l'urbanisation du littoral, les activités maritimes et la pollution exercent des pressions supplémentaires sur des écosystèmes déjà fragilisés par le réchauffement de l'océan.
Une étude scientifique publiée en 2022 s'est intéressée aux effets de la pollution d'origine terrestre sur la santé des coraux du parc national et de sa réserve. Les chercheurs ont identifié des concentrations excessives de nutriments et de particules en suspension dans l'eau, susceptibles d'affecter l'état des récifs. Les eaux usées et le ruissellement favorisent notamment la prolifération d'algues et dégradent la qualité de l'eau, affaiblissant les coraux et limitant leur capacité de récupération. La seule interdiction de la pêche ne suffit donc pas à protéger ces milieux.
Le changement climatique constitue une autre menace. L'augmentation de la température de l'eau peut provoquer le blanchissement des coraux, un phénomène au cours duquel les colonies perdent les algues microscopiques qui leur fournissent une grande partie de leur énergie. Lorsque ces épisodes se prolongent ou se répètent, ils peuvent entraîner une mortalité importante. En 2024, une vague de chaleur marine particulièrement intense a ainsi provoqué de graves dégâts sur les récifs de la côte kényane.
Près de Shimoni, plus au sud, l'organisation REEFolution tente de restaurer une partie de ces écosystèmes dégradés grâce à la transplantation de coraux. Des plongeurs fixent des fragments sur des structures artificielles, recréant progressivement des habitats pour les poissons et d'autres organismes marins. Dzivula Gube, qui travaille pour l'organisation, estime que plus de 70 % des coraux ont été perdus dans les zones touchées par le blanchissement de 2024 autour de Shimoni, y compris des colonies précédemment restaurées. Une situation qui illustre combien le réchauffement de l'océan peut compromettre plusieurs années de travail.
Les tortues marines sont confrontées à des pressions similaires. Plus au nord, à Watamu, l'organisation Local Ocean Conservation protège ces animaux depuis près de trente ans contre les captures accidentelles, la pollution plastique et les blessures. Le biologiste marin Joey Ngunu Wandiga explique que la coopération avec les pêcheurs locaux est devenue essentielle. Plus de 100 pêcheurs participent au programme de remise à l'eau de l'association, grâce auquel environ 97 % des tortues signalées après une capture accidentelle sont relâchées vivantes.
En juin 2026, Mombasa a accueilli la 11e conférence internationale Our Ocean, organisée pour la première fois en Afrique. La rencontre a abouti à 370 engagements représentant 7,5 milliards de dollars, consacrés notamment à la conservation marine, à la pêche durable et à la lutte contre le changement climatique. Le Kenya s'est également engagé à renforcer sa réglementation sur la conservation marine et a rejoint une initiative internationale visant à protéger les récifs coralliens les plus résistants au réchauffement. La concrétisation de ces annonces nécessitera un suivi des écosystèmes sur le long terme, une réduction de la pollution et une coopération avec les communautés côtières.
Le parc national marin de Mombasa illustre autant l'importance que les limites des aires marines protégées. Ses récifs offrent un refuge à de nombreuses espèces dans une région littorale fortement urbanisée, mais leur avenir dépend également de ce qui se passe au-delà des frontières du parc. La préservation de cette biodiversité nécessite de maintenir la qualité des eaux environnantes et de lutter contre l'augmentation des températures qui affecte les écosystèmes coralliens de tout l'océan Indien occidental.
MOMBASA MARINE NATIONAL PARK #1
Off the coast of Mombasa, Kenya’s second-largest city, the Indian Ocean shelters an extraordinary diversity of marine life. Beneath the surface, coral formations provide habitat for countless fish and invertebrates. Schools of colourful reef fish move between branching and massive coral colonies, while sea urchins, crustaceans and other organisms inhabit the rocky seabed. This underwater environment forms part of Mombasa Marine National Park, one of Kenya’s protected marine ecosystems, where biodiversity persists despite growing environmental pressures.
Established in 1986, the park covers approximately 10 square kilometres, surrounded by a much larger marine reserve of around 200 square kilometres. The distinction is important: fishing and other extractive activities are prohibited inside the national park, while regulated fishing is permitted in the surrounding reserve. These protected waters provide refuge for species such as groupers, snappers, surgeonfish and many smaller reef fish. Coral reefs also serve as breeding and nursery habitats, supporting marine populations beyond the park’s boundaries.
The ecological importance of these reefs extends far beyond their biodiversity. Coral formations help protect the coastline from wave action, while healthy marine habitats support fisheries and tourism. Yet Mombasa Marine National Park lies alongside one of East Africa’s busiest urban and coastal areas. The expansion of tourism, coastal development, maritime activities and pollution places additional pressure on ecosystems already vulnerable to ocean warming.
A scientific study published in 2022 examined the effects of land-based pollution on coral health within Mombasa Marine National Park and Reserve. Researchers identified excessive nutrients and suspended particles in the water as factors affecting reef conditions. Wastewater and runoff can encourage algal growth and reduce water quality, weakening corals and limiting their recovery. Protection from fishing alone cannot eliminate these threats.
Climate change adds another difficulty. Rising sea temperatures can trigger coral bleaching, a phenomenon in which stressed corals lose the microscopic algae that provide much of their energy. Prolonged or repeated bleaching can lead to widespread mortality. During the severe marine heatwave of 2024, reefs along the Kenyan coast suffered considerable damage.
Near Shimoni, further south, the organisation REEFolution is attempting to reverse some of this degradation through coral transplantation. Divers install fragments on artificial structures, gradually rebuilding habitats for fish and other marine organisms. Dzivula Gube, who works with the organisation, estimates that more than 70% of corals were lost in the areas affected by the 2024 bleaching event around Shimoni, including colonies previously restored. The experience illustrates how rising temperatures can undermine years of conservation work.
Marine turtles face similar pressures. Further north, in Watamu, Local Ocean Conservation has spent nearly three decades protecting these animals from accidental fishing catches, plastic pollution and injuries. Marine biologist Joey Ngunu Wandiga explains that cooperation with local fishers has become essential. More than 100 fishers participate in the organisation’s release programme, through which approximately 97% of reported accidentally captured turtles are returned to the ocean alive.
In June 2026, Mombasa hosted the 11th Our Ocean Conference, the first edition organised in Africa. The gathering resulted in 370 commitments worth $7.5 billion, covering marine conservation, sustainable fisheries and climate action. Kenya also pledged to strengthen marine conservation regulations and joined an international commitment to protect climate-resilient coral reefs. Turning these announcements into effective protection will require long-term monitoring, pollution control and cooperation with coastal communities.
Mombasa Marine National Park illustrates both the importance and the limitations of marine protected areas. Its reefs provide refuge for numerous species in a heavily developed coastal region, but their future also depends on what happens beyond the park’s boundaries. Protecting this biodiversity requires healthy surrounding waters and action against the rising temperatures affecting coral ecosystems throughout the western Indian Ocean.