Ukraine, les voix qui restent
Ce reportage réalisé entre décembre 2024 et novembre 2025 est né de la nécessité de raconter la guerre après la guerre, les corps, les lieux et le silence. Réalisé à Yahidne, Boutcha et Izioum, trois territoires marqués par des crimes de guerre commis par l’armée russe, le travail se concentre sur les conséquences de la violence sur les corps et les espaces : corps violentés, torturés, humiliés, abandonnés ou détruits, ainsi que sur les traces physiques et émotionnelles laissées sur les survivants et dans les lieux qu’ils habitent. Le corps devient le premier territoire de la guerre et une archive vivante de la violence . Une mémoire qui perdure dans les gestes, les silences et la difficulté à reprendre une vie quotidienne. Les cicatrices ne sont pas toujours visibles, mais elles structurent la relation des personnes à leur environnement et à leur propre existence.
À travers ces trois lieux aux géographies et temporalités différentes, les témoignages recueillis établissent un dialogue entre corps et territoires, montrant comment la violence extrême a marqué à la fois les personnes et les espaces qu’elles habitent. Le travail donne la parole à des civils qui ont longtemps refusé de raconter leur récit et dont certaines histoires sont inédites.
“Ukraine, les voix qui restent” est un travail écrit et photographique sur la mémoire incarnée des crimes de guerre, mais aussi sur la résistance silencieuse des survivants. Il pose des questions essentielles : comment vivre après une violence extrême ? Comment reconstruire son existence lorsque le corps a été un champ de bataille ? Comment transmettre cette mémoire sans la trahir ?
Ce travail a été publié en février 2026 dans le média italien Perimetro.
Ukraine, the voices that remain
This work, realized between December 2024 and November 2025, arose from the need to tell the story of the war in its aftermath: the bodies, the places and the silence. Filmed in Yahidne, Bucha and Izium, three areas scarred by war crimes committed by the Russian army. The project focuses on the consequences of violence on bodies and spaces: bodies that have been assaulted, tortured, humiliated, abandoned or destroyed, as well as the physical and emotional scars left on the survivors and in the places they inhabit. The body becomes the primary territory of war and a living archive of violence. A memory that endures in gestures, silences and the difficulty of resuming daily life. The scars are not always visible, but they shape people’s relationship with their environment and their own existence.