Madrid, Puerta del Sol au cœur de la mobilisation pour le logement
Le 9 octobre 2026, à Madrid, les tentes et les bâches du campement occupent toujours la Puerta del Sol. Des participants accrochent des messages manuscrits, distribuent des tracts et prennent la parole à tour de rôle devant les autres occupants, des habitants et des touristes. Dans cet espace de vie, d’information et de discussion, la mobilisation pour le droit au logement se poursuit, deux jours après la mort de Maricarmen Abascal, devenue l’une des figures du mouvement.
Âgée de 87 ans, Maricarmen avait été expulsée le 23 septembre de son appartement du quartier de Retiro, où elle vivait depuis sept décennies. Trois précédentes tentatives d’expulsion avaient échoué. Le jour de son expulsion, elle quitte son domicile sur une civière avant d’être transportée à l’hôpital Gregorio Marañón. Des centaines de personnes sont alors rassemblées devant son immeuble. Son cas cristallise une contestation plus large autour de la hausse des loyers, des expulsions et de la protection des locataires.
Installé à partir du 26 septembre dans le prolongement des manifestations, le campement de Sol devient l’un des principaux points de ralliement de cette mobilisation, qui s’étend à d’autres villes espagnoles. Au cœur de la capitale, les occupants maintiennent une présence quotidienne, échangent avec les passants et diffusent des informations sur le droit au logement et les revendications du mouvement.
La contestation prend également une dimension politique nationale. Le 29 septembre, le gouvernement espagnol adopte deux décrets-lois consacrés au logement, comprenant notamment des mesures sur les contrats de location et les expulsions. Les deux textes sont rejetés par le Congrès le 2 octobre. Pedro Sánchez annonce ensuite des élections générales anticipées pour le 29 novembre. Le 6 octobre, le gouvernement adopte de nouveau les deux décrets, avec des modifications, dans un contexte de crise politique et de mobilisation sociale.
Entre-temps, un accord avait été trouvé pour permettre à Maricarmen de retourner dans son appartement avec un nouveau contrat de location. Toujours hospitalisée, elle meurt le 7 octobre sans avoir pu rentrer chez elle. Le lendemain, des milliers de personnes marchent depuis Puerta del Sol jusqu’à son ancien domicile pour lui rendre hommage.
Le 9 octobre au soir, fleurs, portraits, bougies et messages témoignent de la place prise par son histoire dans la mobilisation. Autour des tentes, les discussions, les prises de parole et les échanges avec les passants se poursuivent. Après près de deux semaines d’occupation, Puerta del Sol reste un lieu de mobilisation, où l’hommage à Maricarmen accompagne les revendications pour un logement abordable et une meilleure protection contre les expulsions.
Madrid: Puerta del Sol at the Heart of Spain’s Housing Protests
On 9 October 2026, tents and tarpaulins still occupied Madrid’s Puerta del Sol. Participants put up handwritten messages, distributed leaflets and took turns speaking to fellow protesters, local residents and tourists. In this space for daily life, information and public discussion, the mobilisation for housing rights continued, two days after the death of Maricarmen Abascal, who had become one of the movement’s prominent figures.
Maricarmen, 87, had been evicted on 23 September from her apartment in Madrid’s Retiro district, where she had lived for seven decades. Three previous eviction attempts had failed. On the day of her eviction, she was taken from her home on a stretcher and transported to Gregorio Marañón Hospital. Hundreds of people were gathered outside the building. Her case became a focal point for wider protests over rising rents, evictions and tenant protections.
Established on 26 September in the wake of demonstrations, the Sol encampment became one of the main rallying points for a movement that spread to other Spanish cities. In the heart of the capital, protesters maintained a daily presence, spoke with passers-by and distributed information about housing rights and the movement’s demands.
The protests also took on national political significance. On 29 September, the Spanish government adopted two housing decree-laws containing measures concerning rental contracts and evictions. Congress rejected both texts on 2 October. Prime Minister Pedro Sánchez subsequently announced a snap general election for 29 November. On 6 October, the government adopted the two decrees again, with amendments, amid a political crisis and continuing protests.
An agreement had meanwhile been reached allowing Maricarmen to return to her apartment under a new rental contract. Still in hospital, she died on 7 October before she could return home. The following day, thousands of people marched from Puerta del Sol to her former home to pay tribute to her.
On the evening of 9 October, flowers, portraits, candles and handwritten messages reflected the significance of her story to the movement. Around the tents, discussions, public speeches and conversations with passers-by continued. After nearly two weeks of occupation, Puerta del Sol remained a focal point for protests, where tributes to Maricarmen accompanied demands for affordable housing and stronger protection against eviction.