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Société - LA FÊTE EN MANIF
À gauche, face à l’enjeu d’une plus grande mobilisation, une nouvelle stratégie a été adopté : la joie.
Manifester est vue de par le monde comme une pratique que les Français et les Françaises ont érigé en art. Mais au-delà du cliché de la France qui se met en grève et de son peuple qui se plaint, l’organisation de la lutte prend souvent des airs de fête, particulièrement ces dernières années. Lier la rage est l’optimisme de la fête serait-elle une particularité de la gauche française ?
Il y a un héritage du bruit pour la manifestation.
La présence systématique d’énorme sound-system chez les syndicats dépoussière les oreilles qui voudraient ne pas entendre qu’il se passe quelque chose dehors. Il faut faire du bruit, c’est une certitude.
Mais au-delà du sound-system, des fanfares et batucada battent aussi le pavé danse une ambiance plus organique de la lutte. Venant des traditions du bassin miniers, la fanfare est dans la culture populaire militante depuis le 19e siècle. Dans cette tradition, la Fanfare Invisible, un collectif militant qui ne prend vit qu’en manifestation grâce à ses sections locales et régionales, joue un répertoire de chants de luttes issu du « patrimoine », dont les paroles et les accords sont accessibles en ligne sur leur site. La batucada est entrée elles dans le paysage sociale grâce au mouvement féministe latino-américain et a pris une place importante dans nos manifestations. Le mouvement punk, contestataire par essence, a aussi sa part dans l’héritage militant et des groupes comme les Vulves Assassines porte haut cette énergie rock.
Et avec les nouvelles générations, un pan plus électro est né. Le techno-activisme, qu’incarne le collectif Planète Boum Boum mobilisant l’humour et la musique pour faire danser et marrer les militants, avec une promesse : « De la teuf dans les manifs, de la manif dans les teufs ! ». Leur cocktail explosif de lutte et de cool attitude les a propulsés sur les réseaux sociaux. Ils participent ainsi à l’influence de gauche pour rendre la manifestation plus attractive.
Alors pour faire lien, on crée des moments de communion, on se costume, on se maquille, on danse, on rigole, on s’enlace, on s’embrasse… et on assiste parfois à des moments de grâce. Le rassemblement aujourd’hui est à la fête.
Society - STRIKE, A FRENCH AESTHETIC
On the left, faced with the challenge of greater mobilization, a new strategy has been adopted: joy.
Protesting is seen around the world as a practice that the French have elevated to an art form. But beyond the cliché of France going on strike and its people complaining, the organization of the struggle often takes on a festive air, particularly in recent years. Is combining rage with the optimism of celebration a characteristic of the French left?
There is a tradition of noise in protest.
The systematic presence of huge sound systems at union events clears the ears of those who would prefer not to hear that something is happening outside. Making noise is a certainty.
But beyond the sound system, brass bands and batucada also beat the pavement, dancing to a more organic atmosphere of struggle. Coming from the traditions of the mining basin, brass bands have been part of militant popular culture since the 19th century. In this tradition, the Fanfare Invisible, a militant collective that only comes to life during demonstrations thanks to its local and regional sections, plays a repertoire of protest songs from the “heritage,” whose lyrics and chords are available online on their website. Batucada entered the social landscape thanks to the Latin American feminist movement and has taken an important place in our demonstrations. The punk movement, rebellious by nature, also has its share in the heritage.