Costa Rica - L'explosion du tourisme illégal sur les volcans actifs
Je paie 135 dollars en liquide pour une ascension nocturne illégale du volcan Arenal. Bien que ces zones soient interdites pour des raisons de sécurité et de protection de l’environnement, des guides profitent depuis des années de la demande pour proposer des expériences extrêmes au plus près des cratères. Après avoir contourné les barrières du parc national et traversé des terrains privés, la montée débute dans la jungle puis sur des pentes abruptes de basalte noir. Au sommet : lever de soleil, fumerolles et odeur de soufre attirent les amateurs de sensations fortes et de photos spectaculaires.
Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, le Costa Rica compte 116 volcans dont 5 actifs. Le SINAC encadre l’accès aux parcs nationaux afin de protéger des écosystèmes fragiles, en collaboration avec l’observatoire volcanologique OVSICORI qui surveille l’activité des volcans. Pourtant, des excursions illégales continuent d’attirer jusqu’à plusieurs dizaines de personnes par nuit, surtout le week-end, alimentées par les réseaux sociaux et un tourisme local en quête d’adrénaline.
Selon les autorités, ce phénomène s’est accentué après la crise du Covid. Les guides pirates, parfois guides officiels le jour, y voient une source de revenus facile. Mais ces pratiques endommagent durablement la forêt en créant des sentiers érodés où la végétation ne repousse pas, et perturbent la faune nocturne. Le principal risque reste la sécurité : en cas de contrôle ou d’accident, certains guides abandonnent les groupes. La Croix-Rouge estime que 90 % des opérations de secours concernent des touristes illégaux, pour un coût d’au moins 4 000 dollars par personne.
Faute de moyens suffisants, les patrouilles restent rares et les sanctions limitées. Le SINAC mise sur la restauration des sentiers dégradés, la sensibilisation du public et un renforcement de la législation pour mieux lutter contre ces pratiques. Malgré le manque de données précises, on estime qu’au moins 10 000 personnes participent chaque année à des excursions illégales dans les parcs protégés du Costa Rica.
Costa Rica - The explosion of illegal tourism on active volcanoes
I pay $135 in cash for an illegal night ascent of Arenal volcano. Although these areas are officially closed due to safety risks and environmental protection, some guides have spent the past decade capitalizing on demand for extreme tourism, offering access as close as possible to active craters. We bypass national park barriers and cross private land with informal payments before beginning the climb through dense jungle and up steep black basalt slopes. At the top, sunrise, fumaroles and the smell of sulfur reward visitors seeking dramatic photos and adrenaline.
Located on the Pacific Ring of Fire, Costa Rica has 116 volcanoes, five of them active. The National System of Conservation Areas (SINAC) regulates access to national parks to protect fragile ecosystems, working closely with the OVSICORI volcanological observatory, which monitors volcanic activity. Despite this framework, illegal excursions still attract dozens of visitors per night, especially on weekends, fueled by social media and a local appetite for extreme experiences.
Authorities say the phenomenon has grown since the Covid crisis, as some guides—sometimes licensed by day—turn to illegal tours as easy income. These activities damage forests by creating eroded paths where vegetation may take years to recover, and they disturb nocturnal wildlife. Safety is another major concern: when controls occur or accidents happen, some guides abandon their groups. According to the Red Cross, 90% of rescue operations in the park involve illegal tourists, costing at least $4,000 per person.
Due to limited resources, patrols remain rare and penalties weak. SINAC advocates restoring damaged trails, improving visitor awareness, and strengthening legislation to better deter illegal tours. While the scale of the phenomenon is difficult to measure, an estimated 10,000 people take part in illegal excursions in Costa Rica’s protected parks each year.