Portrait - Un vigneron affronte les températures extrêmes
Peter Find Andersen et son épouse Tinne Malle Andersen, un couple danois d'anciens pilote et hôtesse de l'air chez SAS, dirigent depuis 2007 le domaine familial Château Gourran, à 35 km au sud-est de Bordeaux, propriété de la famille depuis 1987.
Alors que des feux de forêt historiques ravagent actuellement la région, recouvrant leur propriété de cendres, leur histoire illustre une problématique plus large qui touche l'ensemble du secteur viticole mondial : le changement climatique. Les canicules et les périodes de sécheresse prolongées modifient en profondeur le caractère des vins bordelais, qui perdent la fraîcheur et l'élégance qui ont fait leur renommée, pour se rapprocher en goût des vins d'Afrique du Nord ou de Sicile. La production mondiale de vin traverse par ailleurs sa troisième année consécutive de baisse historique, selon les chiffres de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin.
À cette pression climatique s'ajoute une crise de la demande : les jeunes Français boivent moins de vin, le marché russe s'est fermé avec la guerre en Ukraine, le Brexit complique les exportations vers le Royaume-Uni, et les ventes vers la Chine reculent. Le système strict d'appellation « Bordeaux Contrôlée », qui limite les cépages autorisés et interdit en principe l'irrigation artificielle, réduit encore la marge de manœuvre des viticulteurs pour s'adapter.
Face à ces défis, la famille Andersen a réduit sa surface viticole de 6,5 à 1,5 hectare afin de limiter les risques, et développe désormais la location aux visiteurs comme nouveau pilier économique, tout en explorant des cépages plus résistants à la chaleur récemment homologués par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux. Malgré ces bouleversements, Peter Find Andersen garde un regard confiant sur l'avenir, évoquant même la possibilité que la viticulture remonte progressivement vers le nord de l'Europe, jusqu'en Belgique, en Allemagne, dans le sud de l'Angleterre, et peut-être un jour jusqu'au Danemark.
Profile – A winegrower faces extreme temperatures
Peter Find Andersen and his wife Tinne Malle Andersen, a Danish couple who formerly worked as a pilot and flight attendant for SAS, have been managing the family estate Château Gourran—located 35 km southeast of Bordeaux and owned by the family since 1987—since 2007.
As historic wildfires currently ravage the region, blanketing their property in ash, their story illustrates a broader issue affecting the entire global wine industry: climate change. Heat waves and prolonged periods of drought are profoundly altering the character of Bordeaux wines, which are losing the freshness and elegance for which they are renowned, and are beginning to resemble in taste the wines of North Africa or Sicily. Global wine production is also experiencing its third consecutive year of historic decline, according to figures from the International Organization of Vine and Wine.
Compounding this climate-related pressure is a crisis in demand: young French people are drinking less wine, the Russian market has closed due to the war in Ukraine, Brexit is complicating exports to the United Kingdom, and sales to China are declining. The strict “Bordeaux Contrôlée” appellation system, which limits authorized grape varieties and, in principle, prohibits artificial irrigation, further reduces winemakers’ ability to adapt.
Faced with these challenges, the Andersen family has reduced its vineyard area from 6.5 to 1.5 hectares to limit risks and is now developing visitor rentals as a new economic pillar, while exploring heat-resistant grape varieties recently approved by the Bordeaux Wine Council. Despite these upheavals, Peter Find Andersen remains confident about the future, even suggesting the possibility that viticulture could gradually expand northward across Europe—to Belgium, Germany, southern England, and perhaps one day even Denmark.