Sur les traces de Lyhanna
Lyhanna, 11 ans, a disparu le vendredi 29 mai 2026, à la veille de la fête des Mères. Dès les premiers jours, Fleurance et les villages alentour ont vu leur quotidien basculer.
Citoyens, élus, maire et équipes municipales se sont mobilisés, aux côtés des forces de l’ordre, dans l’attente de retrouver l’enfant. Mais face à l’urgence de l’enquête, il fallait aussi préserver les lieux, ne pas effacer d’éventuelles traces, et laisser certaines recherches se dérouler dans un cadre plus strictement encadré.
Pendant plusieurs jours, jusqu’à 170 gendarmes ont été mobilisés. Dans cette petite ville rurale du Gers, les barrages, les véhicules de gendarmerie, les équipes spécialisées, les journalistes et les directs télévisés ont progressivement transformé le paysage ordinaire en scène d’enquête nationale.
Habitante de Goutz, à quelques kilomètres de Fleurance, j’ai choisi de documenter cet événement depuis une posture sobre et documentaire. Je ne cherche pas l’image spectaculaire, ni le sensationnel. Je photographie ce qui est visible : les lieux, les routes, les champs, les points de contrôle, la présence des forces de l’ordre, le travail des médias, puis les rassemblements et les gestes de recueillement.
Ce travail raconte aussi l’après : la marche blanche, les fleurs, les messages, les silences, les lieux désormais chargés d’une mémoire douloureuse.
À travers cette série, je tente de montrer comment un drame individuel devient une expérience collective, et comment une affaire judiciaire s’inscrit dans un territoire, dans ses paysages et dans la mémoire de celles et ceux qui l’habitent.
Je ne photographie pas le drame. Je photographie ses traces.
The Traces of Lyhanna
Lyhanna, aged 11, disappeared on Friday, May 29, 2026, the day before Mother's Day. From the very first days, the town of Fleurance and the surrounding villages saw their daily lives turned upside down.
Residents, elected officials, the mayor, and municipal staff mobilized alongside law enforcement in the hope of finding the child. At the same time, the urgency of the investigation required that potential evidence be preserved, meaning that some search operations had to remain strictly controlled and inaccessible to the public.
For several days, up to 170 gendarmes were deployed. In this small rural town in southwestern France, roadblocks, police vehicles, specialized units, journalists, and live television broadcasts gradually transformed an ordinary landscape into the setting of a national investigation.
Living in Goutz, just a few kilometers from Fleurance, I chose to approach this story through a restrained documentary perspective. I am not seeking dramatic or sensational images. Instead, I photograph what is visible: the places, the roads, the fields, the checkpoints, the presence of law enforcement, the work of the media, and later, the gatherings and acts of remembrance.
This work also tells the story of what came after: the silent march, the flowers, the messages, the moments of silence, and the places now marked by a painful memory.
Through this series, I seek to show how an individual tragedy becomes a collective experience, and how a criminal investigation leaves its mark on a territory, its landscapes, and the memory of those who live there.
I do not photograph the tragedy itself. I photograph its traces.