Ukraine : les guetteurs du ciel de Zaporijjia face aux drones Shahed
À la périphérie de Zaporijjia, les champs portent encore les stigmates de la guerre. Au milieu des terres agricoles, les débris d'un drone Shahed récemment détruit témoignent des combats qui se déroulent quotidiennement dans le ciel ukrainien. Derrière une ligne de défense faite de tranchées et de barbelés, une section du 632e régiment antiaérien de mitrailleuses veille jour et nuit sur les approches de la ville. Sa mission est de détecter et d'intercepter les drones d'attaque russes, en particulier les Shahed, devenus l'une des principales menaces pour les infrastructures et les zones habitées.
La position est installée dans les champs, en retrait de la ligne de défense terrestre. Elle est sommaire mais soigneusement aménagée pour permettre aux militaires de rester opérationnels tout en étant protégés. Composée d'une mitrailleuse lourde MIT 50 de calibre 12,7 mm, montée sur un affût antiaérien permettant de suivre rapidement une cible en mouvement. À proximité, elle dispose aussi d'un système de défense aérienne portatif (MANPADS) qui complète le dispositif. Il offre la possibilité d'engager des cibles volant à plus haute altitude ou hors de portée de la mitrailleuse.
Le dispositif repose sur le travail complémentaire de deux militaires. Le tireur reste derrière son arme, prêt à ouvrir le feu dès que la cible entre dans son champ de vision. À ses côtés, un second servant suit en temps réel la progression des drones grâce à une tablette tactique reliée au réseau de surveillance. L'écran lui indique la direction, l'altitude et la trajectoire estimée de la menace, lui permettant de guider le tireur jusqu'à l'acquisition visuelle de l'objectif.
Lorsque les alertes aériennes retentissent, les hommes rejoignent immédiatement leur poste de combat. Entre deux engagements, ils se replient dans un abri souterrain aménagé à proximité de la position. Ce refuge leur permet de se protéger des frappes et des éclats tout en restant en mesure de reprendre rapidement leur mission.
Les regards sont tournés vers le ciel, à l'écoute du bourdonnement caractéristique des drones Shahed. Quelques secondes seulement peuvent séparer leur détection de l'ouverture du feu. Malgré l'arrivée de systèmes de défense plus sophistiqués, ces équipes de mitrailleurs demeurent un maillon essentiel de la défense rapprochée de Zaporijjia. Par leur vigilance et leur réactivité, elles constituent souvent la dernière ligne de protection de la ville face aux attaques aériennes russes.
Ukraine: Zaporizhzhia’s sky watchers face Shahed drones
On the outskirts of Zaporizhzhia, the fields still bear the scars of war. Amidst the farmland, the wreckage of a recently destroyed Shahed drone bears witness to the daily fighting taking place in Ukrainian skies. Behind a defensive line of trenches and barbed wire, a platoon from the 632nd Anti-Aircraft Machine-Gun Regiment keeps watch day and night over the approaches to the city. Its mission is to detect and intercept Russian attack drones, particularly the Shaheds, which have become one of the main threats to infrastructure and populated areas.
The position is set up in the fields, set back from the ground defence line. It is basic but carefully laid out to allow the soldiers to remain operational whilst staying protected. It consists of a 12.7 mm calibre MIT 50 heavy machine gun, mounted on an anti-aircraft mount that allows it to track a moving target quickly. Nearby, it also has a man-portable air defence system (MANPADS) which complements the setup. This enables the engagement of targets flying at higher altitudes or beyond the machine gun’s range.
The system relies on the complementary work of two military personnel. The gunner remains at his weapon, ready to open fire as soon as the target enters his field of vision. At his side, a second operator tracks the drones’ movements in real time using a tactical tablet connected to the surveillance network. The screen shows him the direction, altitude and estimated trajectory of the threat, enabling him to guide the gunner until the target is visually acquired.
When air raid sirens sound, the men immediately take up their combat positions. Between engagements, they retreat to an underground shelter set up near the position. This refuge allows them to protect themselves from strikes and shrapnel whilst remaining able to resume their mission quickly.
All eyes are fixed on the sky, listening for the characteristic hum of the Shahed drones. There may be only a few seconds between detecting a drone and opening fire. Despite the introduction of more sophisticated defence systems, these machine-gun crews remain a vital link in Zaporizhzhia’s close-range defence. Thanks to their vigilance and responsiveness, they often constitute the city’s last line of defence against Russian air strikes.