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Un monde sans frontières
Le projet présente des portraits d’élèves réalisés dans les locaux de l’ESFAEC, associés à des paysages urbains du territoire alésien. À la diversité des visages et des décors de l’École sans frontières sont associées des images de la ville dévoilant une certaine impermanence, illustrant la difficulté plus ou moins significative vécue par les personnes migrantes à appréhender leur terre d’accueil.
Car au-delà de la maîtrise de la langue, les migrants jeunes et adultes arrivés en France se situent dans un moment charnière de leur vie, entre un avant qu’ils ont fui ou qu’ils ont quitté volontairement, et un après incertain, dans lequel il peut être difficile de se projeter. Dans cet entre-deux, quel est l’état d’esprit des personnes accueillies ? Comment ce passage, cette possibilité d’une vie nouvelle, se dessinent-ils pour les migrants au sein de l’environnement local français ?
Alors que se profile le spectre de nouvelles guerres possiblement mondiales, l’hydre fasciste semble à nouveau trouver une faille dans nos sociétés occidentales. Les fantasmes liés à une submersion migratoire et les relents d’idées racistes véhiculées par une extrême droite décomplexée constituent le terreau d’un climat social et politique violent dont les premières victimes pourraient bien être les nouveaux arrivants ayant fui des pays en guerre, économiquement invivables ou des sociétés patriarcales étouffantes.
Cependant, une résistance s’affirme face aux oiseaux de mauvais augure dans notre pays. La solidarité des associations et des citoyens français engagés dans l’aide aux plus démunis n’est pas un vain mot. Pour certain.e.s bénévoles de l’ESFAEC, elle peut même être un projet de vie.
Ce travail photographique souhaite mettre en images ce paradoxe où, dans un pays comme la France, il existe, pour les migrants et les réfugiés accueillis, un réel espoir d’une vie meilleure pour se (re)construire et où demeurent les incertitudes à trouver sa place dans un paysage socialement et politiquement instable dans lequel s’enracine chaque jour un peu plus la haine de l’autre.
A world without borders
The project presents portraits of students taken at ESFAEC, juxtaposed with urban landscapes of the Alès region. The diversity of faces and settings of the School Without Borders is combined with images of the city, revealing a certain impermanence and illustrating the varying degrees of difficulty migrants face in adapting to their new home.
For beyond language proficiency, young and adult migrants arriving in France find themselves at a pivotal moment in their lives, between a past they fled or left voluntarily, and an uncertain future, in which it can be difficult to envision a future. In this in-between space, what is the state of mind of those welcomed? How does this transition, this possibility of a new life, take shape for migrants within the local French environment?
As the specter of new, potentially world wars looms, the fascist hydra seems to have once again found a weakness in our Western societies. Fantasies about a migratory influx and the lingering racist ideas propagated by an unashamed far right create fertile ground for a violent social and political climate. The first victims of this climate could well be the new arrivals who have fled war-torn countries, economically unlivable societies, or stifling patriarchal societies.
However, resistance is emerging in our country against these harbingers of doom. The solidarity of associations and French citizens committed to helping the most vulnerable is not just an empty phrase. For some ESFAEC volunteers, it can even be a life's work.
This photographic work aims to capture in images this paradox where, in a country like France, there is, for the migrants and refugees welcomed, a real hope of a better life to (re)build themselves and where uncertainties remain about finding their place in a socially and politically unstable landscape in which hatred of the other is taking root a little more each day.