La Ferme (de) Rosalie
Veaux élevés sous la mère, consommation bio, éthique et locale en étant indépendant. Ça vous parle ?
C’est le pari qu’essaie de réaliser Rosalie, 32 ans, agricultrice, éleveuse de veaux de race Vosgienne en Corrèze. Installée depuis 2017 dans le département, fervente défenseuse d’une relation éthique entre le bien être animal et la production de viande, elle s’inscrit dans les valeurs que prône le circuit court par de la vente directe à la ferme et en marchés locaux.
Elle témoigne d’une pression constante, notamment de la part des abattoirs de la région qui lui refusent l’accès.
Soit, elle s’intègre pleinement dans la filière viande en vendant directement ses animaux sur pieds, tout en respectant les quotas imposés à l’un des grands groupes locaux, notamment Bigard ou T’Rhéa; soit, elle fait parcourir à ses animaux des centaines de kilomètres allant à l’encontre de ses principes.
Entre tous les intermédiaires qui prennent leur part au passage ( maquignon, abattoir, boucher…) il ne lui reste presque plus rien pour continuer et faire valoir le métier d’une agriculture bio/éthique inscrite sur son territoire. Les accès aux marchés locaux eux aussi deviennent de plus en plus compliqués au profit des bouchers qui proposent plus de variétés et qui sont intégrés pleinement dans une filière dépersonnalisée.
« Je ne souhaite pas que mes animaux se retrouvent noyés dans la masse les barquettes de Bigard »
Son témoignage révèle les enjeux qui nous guident vers notre incapacité à coexister pour une agriculture responsable et respectueuse.
Rosalie's Farm
Calves raised by their mothers, organic, ethical, and local consumption while remaining independent. Does that appeal to you?
That's the challenge Rosalie, a 32-year-old farmer who raises Vosgienne calves in Corrèze, is trying to meet. Settled in the department since 2017, she is a fervent advocate of an ethical relationship between animal welfare and meat production, and subscribes to the values promoted by the short supply chain through direct sales at the farm and local markets.
She reports constant pressure, particularly from slaughterhouses in the region, which refuse her access.
Either she fully integrates into the meat industry by selling her animals directly on the hoof, while respecting the quotas imposed on one of the major local groups, notably Bigard or T'Rhéa; or she transports her animals hundreds of kilometers, going against her principles.
With all the middlemen taking their cut along the way (horse dealers, slaughterhouses, butchers, etc.), she is left with almost nothing to continue and promote organic/ethical farming in her region. Access to local markets is also becoming increasingly complicated, to the benefit of butchers who offer more variety and are fully integrated into a depersonalized, supply chain.
“I don't want my animals to get lost in the crowd of Bigard's trays.”
His testimony reveals the issues that lead us to our inability to coexist for responsible and respectful agriculture.