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Céline Gaille

L'Ariège, un espace-refuge pour les migrants et les militants

Ariège, a "refuge-territory" for the migrants and the activists

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L'Ariège est souvent vue comme une terre des possibles. Ses puissants réseaux de solidarité témoignent d'une forte mobilisation. L'histoire des migrants d'aujourd'hui, aux conditions diverses mais souvent désespérées, révèlent combien ce territoire s'identifie à un espace-refuge, dont les traditions de solidarité et de résistance montagnardes sont ancrées dans les consciences engagées des militants. Eux-mêmes ne sont pas forcément des natifs de l'Ariège, parfois descendants revenus au pays à la retraite ou "néos" dont les nombreux voyages et expériences les ont impliqués directement dans les questions de solidarité internationale.
En collaboration avec des chercheurs géographes du CNRS dont l'objet de recherche porte sur la dynamique des migrations internationales dans les campagnes, je suis allée rencontrer ces nouveaux habitants possédant des parcours de vie marqués par des mobilités internationales volontaires ou subies.
Le mot "accueil" renvoie souvent à un sentiment positif et plein. Pourtant, ce roadtrip photographique, à la rencontre d'individus fondamentalement liés par un pacte de solidarité dans les espaces publics des marchés de villages comme dans les espaces privés, voire cachés ou encore dans les locaux associatifs, a permis de découvrir que le plus souvent l'accueil reste incertain, provisoire, aux contours imprécis, inachevé. 
De Pamiers à Saint-Girons, en passant par Foix, Carla-Bayle, Le Fossat, Montbrun-Bocage, Daumazan-sur-Arize, Audressein, Engomer, depuis janvier 2019, la trame se tisse inlassablement au travers de récits de vie par bribes, ceux des migrants et ceux des militants, qui par leur courage et leur engagement interrogent sans-cesse le contenu du mot "accueil". Chacun en cherche le coeur et pour cela tourne autour des marges du légal, du clandestin, du sans-solution, du possible ou de l'impossible.

Ariège (South of France - Pyrénées Mountains) is often seen as a land of possibilities. Its powerful solidarity networks testify to a strong mobilization. The history of today's migrants, whose conditions are diverse but often desperate, reveal how much this territory identifies with a space-refuge, whose traditions of mountain solidarity and resistance are rooted in the engaged consciousness of activists. They themselves are not necessarily natives of Ariège, sometimes descendants who have returned to the country in retirement or "neos" whose many trips and experiences have directly involved them in questions of international solidarity. In collaboration with geographers from the CNRS whose research focus is on the dynamics of international migrations, I went to meet these new inhabitants with life paths marked by voluntary or endured international mobility. The word "welcome" often refers to a positive and full feeling. However, this photographic roadtrip, meeting individuals fundamentally linked by a solidarity pact, has revealed that most often the "welcoming act" remains uncertain, provisional, with imprecise outlines, unfinished. It is not performed. From Pamiers to Saint-Girons, via Foix, Carla-Bayle, Le Fossat, Montbrun-Bocage, Daumazan-sur-Arize, Audressein, Engomer, since January 2019, the weft has been weaving tirelessly through life stories in snatches, those of migrants and those of activists, who by their courage and commitment constantly question the content of the word welcome. Everyone is looking for the heart of it and, for that, turns around the margins of the legal, the clandestine, the unsolved, the possible or the impossible.