Dlo pa ka koulé : Quand l’eau manque en Guadeloupe
« Nous sommes devenus esclaves de l’eau : elle est partout en Guadeloupe, sauf dans nos robinets. »
En Guadeloupe, ouvrir un robinet ne garantit pas d’avoir de l’eau. Depuis près de vingt ans, les coupures se sont aggravées jusqu’à devenir une composante du quotidien. Aujourd’hui, au moins un quart de la population est encore soumis aux « tours d’eau », tandis qu’environ 60 % de la ressource se perd dans un réseau vieillissant avant d’arriver aux habitants.
Boire, cuisiner, se laver ou faire une lessive impose alors d’anticiper : remplir des bidons, installer des citernes, stocker des bouteilles et organiser sa vie autour des coupures. Dlo pa ka koulé documente cette adaptation permanente et ses conséquences sanitaires, économiques et psychologiques, mais aussi la fatigue et la colère face à une crise devenue ordinaire.
En 2026, quatre-vingts ans après la départementalisation, cette situation interroge l’égalité d’accès à un besoin vital sur un territoire français pourtant abondamment pourvu en eau. Entre débrouille, résilience et sentiment d’abandon, ce travail raconte une crise qui, à force de durer, risque de ne plus être perçue comme une urgence.
Ce travail constitue le premier chapitre d’un projet documentaire au long cours. Débuté en 2026 au plus près du quotidien des habitants, il sera poursuivi afin d’élargir le récit et de mettre en lumière les mécanismes, les contrastes et les réalités parfois contradictoires qui se dessinent autour de l’accès à l’eau en Guadeloupe.
Dlo pa ka koulé : When There's a Water Shortage in Guadeloupe
In Guadeloupe, turning on a faucet doesn’t guarantee that water will come out. For nearly twenty years, water outages have become increasingly severe, to the point where they’re now a part of daily life. Today, at least a quarter of the population is still subject to “water rationing,” while about 60% of the water supply is lost in an aging network before it reaches residents.
Drinking, cooking, bathing, or doing laundry therefore requires planning ahead: filling containers, installing cisterns, stockpiling bottles, and organizing one’s life around the outages. Dlo pa ka koulé documents this constant adaptation and its health, economic, and psychological consequences, as well as the fatigue and anger in the face of a crisis that has become the new normal.
In 2026, eighty years after the region became a department, this situation raises questions about equal access to a vital need in a part of France that is, in fact, abundantly supplied with water. Navigating between resourcefulness, resilience, and a sense of abandonment, this work chronicles a crisis that, by virtue of its duration, risks no longer being perceived as an emergency.
This work constitutes the first chapter of a long-term documentary project. Begun in 2026 with a close focus on the daily lives of residents, it will continue in order to expand the narrative and shed light on the mechanisms, contrasts, and sometimes contradictory realities emerging around access to water in Guadeloupe.