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Filière laitière : un modèle de relocalisation bellilois
À Belle-Ile-en-Mer, au sud de la Bretagne, la filière laitière repose sur une petite dizaine d’exploitations qui produisent environ 2,2 millions de litres de lait par an. Mais sur l’île, l’économie du lait reste très dépendante du continent. 90 % de ce volume est collecté par camion, puis expédié par bateau vers la laiterie de Pontivy du groupe Lactalis. Un système industriel qui pèse lourd sur les coûts et sur la survie des exploitations insulaires.
Seul un couple a choisi de rompre avec ce schéma. Frank et Soizic ont cessé d’envoyer leur lait vers le continent. Ils le transforment à la ferme et le vendent exclusivement en direct sur l’île. Un choix à la fois économique et politique, qui leur permet de sortir de la dépendance au géant laitier et de mieux valoriser leur travail. Ils observent aussi des bénéfices concrets, comme une meilleure santé du cheptel, et un rythme de travail moins écrasant, qui leur redonne du temps de vie personnelle, un enjeu majeur dans une profession marquée par l’épuisement et l’isolement social.
À l’échelle nationale, la France reste le deuxième producteur laitier de l’Union européenne, avec près de 23 à 25 milliards de litres collectés chaque année, mais le nombre d’exploitations ne cesse de diminuer depuis vingt ans, au profit de structures toujours plus grandes et plus concentrées.
Ce travail interroge l’avenir de l’agriculture en France et les relations souvent complexes que les éleveurs entretiennent avec leur métier, leurs animaux et leur territoire. Il questionne également le rôle du consommateur, dont les choix pèsent sur la survie des exploitations.
Dairy Industry: A model of relocalization in Belle-Ile
In Belle-Ile-en-Mer, in southern Bretagne, the dairy industry relies on just under ten farms that produce about 2.2 million liters of milk per year. But on the island, the dairy economy remains heavily dependent on the mainland. Ninety percent of this volume is collected by truck and then shipped by boat to the Lactalis Group’s dairy in Pontivy. This industrial system places a heavy burden on costs and on the survival of the island’s farms.
Only one couple has chosen to break with this pattern. Frank and Soizic have stopped sending their milk to the mainland. They process it on the farm and sell it exclusively directly to customers on the island. This is both an economic and political choice, allowing them to break free from dependence on the dairy giant and better value their work. They’ve also seen tangible benefits, such as improved herd health and a less overwhelming work schedule, which gives them more time for their personal lives—a major issue in a profession marked by burnout and social isolation.
On a national scale, France remains the second-largest dairy producer in the European Union, with nearly 23 to 25 billion liters collected each year, but the number of farms has been steadily declining for the past twenty years, giving way to ever-larger and more concentrated operations.
This documentary explores the future of agriculture in France and the often complex relationships that farmers have with their work, their animals, and their land. It also examines the role of consumers, whose choices impact the survival of farms.