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Theo Giacometti

Akunnaaq, village polaire

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Par plus de 68 degrés de latitude Nord, les hivers sont longs, glacials et inoubliables. Profitant de la première et fragile apparition du soleil après plusieurs semaines, mes yeux se sont posés sur l'Inuit Nunaat - Terre Inuit : le Groenland. 56 000 habitants, soit à peine plus qu'une commune comme Montauban pour un territoire grand comme quatre fois la France. 

Après plus d'une heure de bateau depuis Aasiaat, entre les nénuphars de glaces qui ondulent à la surface de la mer et les Icebergs géants de la baie de Disko, Akunnaaq apparait. 

70 habitants, tous Inuits, dont la plupart sont chasseurs. Une cinquantaine de petites maisons sur une pointe de rochers face à la mer et dont moins d'une dizaine sont équipées en eau courante, des températures plus froides que mon congélateur, ni route ni arbre à des centaines de kilomètres à la ronde, une école avec moins de dix enfants. Ni hôtel, ni restaurant, ni médecin. Un petit port pris dans les glaces, une conserverie de poissons et une petite épicerie où se côtoient munitions et sucreries. Tout autour, de la neige et de la glace, et la mer encore qui résiste à l'Ouest.

Conséquences concrètes et locales du réchauffement climatique, pratiques traditionnelles de la pêche et de la chasse, revendications nationalistes, désertification des villages et quotidien de l'hiver arctique : la survie de leur village est un enjeux majeur pour la population. 115 habitants en 2013, 70 en 2018, difficile de résister à l'appel des villes pour les jeunes à la recherche d'avenir. Ce village pourra-t-il survivre et défendre sa culture et ses traditions ? Immaqa, me répond-on. Peut-être.