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Thomas Delsol

Loup y-es-tu ?

Are you there, wolf?

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Depuis le retour du loup dans les Alpes françaises au début des années 90, éleveurs et défenseurs du canidé s'affrontent. Avec les années et l'expansion de son territoire d'occupation, la pression sur les troupeaux n'a cessé de se renforcer : le loup se nourrit essentiellement d'ongulés sauvages (chamois, cerfs, mouflons ...) mais attaque aussi les troupeaux d'ovins, faisant parfois d'énormes dégâts.
Face aux éleveurs qui réclament toujours plus de tirs de défense et de prélèvements de sujets, des chercheurs ou des associations tentent de trouver des solutions qui permettent à tous les utilisateurs des montagnes de cohabiter en paix. C'est le cas de l'association Férus, qui a mis en place il y a une vingtaine d'années Pastoraloup, un programme soutenu par le WWF.
Frédéric est venu de Paris dans le massif de Haute-Bléone (Alpes-de-Haute-Provence) pour participer à ce programme : pendant une semaine, il va accompagner et surveiller un troupeau la nuit, servant de relais et d'aide supplémentaires aux stratégies de protection des troupeaux déjà mises en place (présence de filets, chiens de protections...). Après un stage de formation d'une semaine en début d'été, chacun des 80 éco-bénévoles s'est retrouvé en mission d'une à deux semaines auprès d'un troupeau et de son berger.
Pour Frédéric, sa présence s'inscrit dans une démarche écocitoyenne déclenchée par une visite dans le parc du Mercantour. Déjà fortement sensibilisé et impliqué dans des actions de soutien à ce type d'initiative, sa présence dans ces montagnes lui permet un engagement plus profond et plus complet.
Mais les conditions ne sont pas faciles : il a dressé sa tente à quelques mètres de l'endroit où le troupeau se couche et passe ses nuits au milieu des sons de sonnaille et des aboiements des chiens de protection de troupeau, à plus d'une heure de marche du hameau le plus proche ; l'eau disponible est à 20 minutes de marche et le débit disponible est parfois aléatoire ; enfin, toute l'alimentation a été amenée sur son dos.
Pourtant, l'expérience est incroyable. Son action complète le travail du berger dans la journée. Les nuits peuvent être très calmes ou très agitées, avec des réveils et des contrôles toutes les deux heures. La météo n'est pas toujours clémente. Les journées sont faites de solitude : randonnée, course, écriture de journal, lecture permettent alors d'en occuper les heures. Au terme de sa semaine et malgré toutes les difficultés, Frédéric se dit impatient de recommencer.
Le programme Pastoraloup a, jusqu'à présent, prouvé son efficacité chez les éleveurs qui y participent. Mais face à l'augmentation de la prédation sur les troupeaux et à l'expansion du loup dans les régions françaises, il reste insuffisant. Avec plus 21 000 éleveurs professionnels d'ovins en France, l'émergence de nouvelles solutions est nécessaire.
 

Since the wolf's return to the French Alps in the early 1990s, breeders and canine defenders have been fighting each other. Over the years and the expansion of its territory of occupation, the pressure on the herds has increased steadily: the wolf feeds mainly on wild ungulates (chamois, deer, mouflons...) but also attacks sheep herds, sometimes causing enormous damage.
Faced with breeders who are increasingly demanding more defensive fire and the taking of samples of subjects, researchers or associations are trying to find solutions that will enable all mountain users to live together in peace. This is the case of the Férus association, which set up Pastoraloup some twenty years ago, a programme supported by WWF.
Frédéric came from Paris to the Haute-Bléone massif (Alpes-de-Haute-Provence) to participate in this program: for one week, he will accompany and supervise a herd at night, serving as a relay and additional assistance to the herd protection strategies already in place (presence of nets, guard dogs...). After a one-week training course in early summer, each of the 80 eco-volunteers was on a one- to two-week mission with a herd and its shepherd.
For Frédéric, his presence is part of an eco-citizen approach triggered by a visit to the Mercantour Park. Already highly sensitized and involved in actions to support this type of initiative, its presence in these mountains allows it a deeper and more complete commitment.
But the conditions are not easy: he has set up his tent a few metres from where the herd lies down and spends his nights amidst the sounds of bells and the barking of herd protection dogs, more than an hour's walk from the nearest hamlet; the available water is 20 minutes' walk away and the available flow is sometimes random; finally, all the food has been brought on his back.
Yet the experience is incredible. Its action complements the shepherd's work during the day. Nights can be very quiet or very restless, with waking up and checking every two hours. The weather is not always good. The days are full of loneliness: hiking, running, journaling, reading, etc., so you can spend the hours there. At the end of his week and despite all the difficulties, Frédéric says he is eager to start again.
The Pastoraloup program has, until now, proven its effectiveness among the breeders who participate in it. However, given the increase in predation on herds and the expansion of wolves in the French regions, it remains insufficient. With more than 21,000 professional sheep farmers in France, new solutions are needed.