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Nadine Jestin

Sur la route des Balkans

On the road to the Balkans

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Le monde est un fil tendu au dessus du vide sur lequel dĂ©ambule la foule des grands jours. Les pas se pressent, les soubresauts des uns faisant tanguer la fragile stabilitĂ© des autres. Dans ce chaos ambiant, l'Ă©quilibre du monde se maintient. Depuis le point d'observation d'oĂą je suis, je distingue les silhouettes des funambules. L'une d'elles est la guerre, suivie de près par la paix, elles se tiennent serrĂ©es. J'aperçois le temps qui avance d'un pas sĂ»r et constant. Le climat hĂ©site sans cesse. Le fantasme devance de loin la rĂ©alitĂ©. La mort n'hĂ©site pas Ă  faire le grand saut. Espiègle, la vie s'agite et dĂ©fit les Ă©quilibristes. Vu d'ici, le monde est un tableau en perpĂ©tuel mouvement, un ballet au cours duquel rien n'est permanent sauf le changement. 
 
C'est en traversant l'Italie, la Croatie, la SlovĂ©nie et la Bosnie que j'ai vu ce fil tendu. Cette fois, la destination du voyage s'effacerait presque pour laisser place Ă  une idĂ©e, transposable partout, celle de l'impermanence. Des rues en paix bordĂ©es d'immeubles aux stigmates du passĂ©. Le visage d'une jeune femme sous la pluie. Un corps vieilli sous le soleil. Les murs effondrĂ©s. De grandes et belles maisons disloquĂ©es. Le temps qu'il fait. Le temps qui passe. Les Ă©motions. Les Ă©tats depuis l'envie jusqu'Ă  l'ennui. Chaque seconde les cartes sont redistribuĂ©es faisant de chaque instant une aventure, une dĂ©couverte, un champ des possibles, un cycle. Faisant de chaque photographie, un instant attrapĂ© bien qu'Ă  jamais disparu.  

The world is a thread stretched over the void on which the crowd of great days wander. The steps are rushing, the jolts of some make the fragile stability of others shake. In this ambient chaos, the balance of the world is maintained. From the observation point where I am, I can distinguish the silhouettes of the tightrope walkers. One of them is war, followed closely by peace, they keep each other tight. I see time moving forward with a steady and steady pace. The climate is always hesitant. Fantasy far outstrips reality. Death does not hesitate to take the plunge. Mischievous, life is restless and challenges the balancing act. Seen from here, the world is a painting in perpetual motion, a ballet in which nothing is permanent except change. 
 
It was while crossing Italy, Croatia, Slovenia and Bosnia that I saw this thread stretched. This time, the destination of the journey would almost disappear and give way to an idea, transposable everywhere, that of impermanence. Peaceful streets lined with buildings with the stigmas of the past. The face of a young woman in the rain. A body aged under the sun. The walls collapsed. Large and beautiful dislocated houses. The weather it is. The passing of time. Emotions. States from envy to boredom. Every second the cards are redistributed, making every moment an adventure, a discovery, a field of possibilities, a cycle. Making each photograph a caught moment although forever gone.  

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