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Guillaume Chauvin

République de Chypre Nord : la possibilité d'une île.

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Les dernières semaines furent denses pour la petite République Turque de Chypre Nord, toujours non reconnue par la communauté internationale depuis son annexion par la Turquie en 1974 : après la chute accidentelle cet été d'un missile russo-syrien près de Nicosie puis l'explosion d'un dépôt de munitions près de Kyrenia, le Président chypriote turc Mustafa Akinci a en effet créé la surprise en critiquant ouvertement l'offensive militaire d'Erdogan en Syrie. Le nord de l'île de Chypre demeure pourtant sous perfusion économique, politique et logistique d'Ankara, subissant indirectement la crise économique du voisin turc et les menaces de sanctions de l'UE. 

La population chypriote turque vient malgré tout d'entrevoir un possible "remède" à l'impasse héréditaire d'une réconciliation avec "le sud" (certains diplomates américains qualifie l'île de "Cuba européen"), et à la baisse de son pouvoir d'achat, suite à la découverte d'immenses gisements gaziers au large de l'île. De même, l?annonce par Ankara de voir bientôt réhabilitée la ville fantôme de Varosha, perle balnéaire sur la zone tampon, faciliterait le retour des touristes européens privilégiant encore le sud de l'île, membre de l'UE depuis 2004.

La singulière identité chypriote turque, distincte de celle des colons turcs et des chypriotes grecs, est aujourd'hui revendiquée et défendue par une jeune génération moderne, aux rêves d'égalité et de reconnaissance internationale. Offrant des paysages méconnus où cohabitent églises abandonnées et mosquées neuves, minijupes et muezzins, le nord de l'île ose désormais affirmer sa progressive émancipation des voisins turcs et Chypre du sud... Une situation qu'illustrent les témoignages de personnalités locales (Premier ministre, Miss Chypre nord, entrepreneurs, retraitées, jeunes diplômés..) et les images de G.C.