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Nicola Bertasi

Là, sul mare // Devant l'océan

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Mamalapuram, Kanyakumari e Cochin, trois petites villes du Sud de l'Inde. Trois villes  de pĂŞcheurs qui survivent grâce au tourisme de la mer. La sensation d'un temps immuable et rare se rĂ©flĂ©chi dans l'infini de l'ocĂ©an.
 
La foule  typique indienne laisse place aux hommes et aux femmes, par delĂ  l'histoire. A travers la profondeur et l'immensitĂ© de l'ocĂ©an, des individus dans leur identitĂ© complexe se racontent tel un film muet. En Inde, la multitude est une constante et le leitmotiv d'un voyage est l'espace qui permet Ă  l'homme de mener une bataille quotidienne pour survivre. L'intimitĂ© comme condition transitoire et Ă©phĂ©mère se trouve continuellement malmenĂ©e par le vide.
 
Un indien curieux, mystĂ©rieux, parfois Ă©vasif mais capable d'un amour intense vit chaque jour en contact intime avec des milliers d'autres hommes et construit sa vie dans l'Ă©change perpĂ©tuel de paroles et d'expĂ©riences, de regards et de sensations. Un Ă©change qui stimule la rĂ©flexion.
 
Ainsi, face Ă  la mer qui s'agite, se confond dans l'horion et nous fait rĂŞver, l'Inde se perd dans la quotidiennetĂ© et se retrouve dans un silence artificiel, un espace infini, une solitude qui l'accompagne inĂ©luctablement. L'ocĂ©an ne vĂ©hicule pas de mĂ©lancolie mais le dĂ©sir de stopper la vie frĂ©nĂ©tique qui, en Inde, remplit les jours et les nuits. Les pĂŞcheurs, les bateaux, les vaches, les saints, les crevettes fraĂ®ches, les cabanes abandonnĂ©es, les hommes se dĂ©tendent sur le front de mer qui semble s'Ă©claircir devant l'infini : ici finit l'Inde. Les mots laissent place Ă  cette mer que dans les Atlas on nomme OcĂ©an Indien. En rĂ©alitĂ©, c'est le vide qui s'oppose Ă  la plĂ©nitude.
 
A travers ce travail, j'ai essayĂ© de rapporter des rĂ©cits de vies et de lieux de mers, en cherchant Ă  illustrer la particularitĂ© de cet incroyable vide comme s'il s'agissait d'une parenthèse. Pour ces hommes, la mer est un vide transitoire, partagĂ©, Ă  remplir. Des vies et des rĂŞves. L'infini, au sens littĂ©ral.