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Fred Marie

War game "Falcon Amarante"

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Caylus, 7h30. Un épais brouillard recouvre encore le village Jean Cousy ce matin. Mais ce dernier s'apprête à battre en retraite devant les premiers rayons de soleil, laissant apparaître un ciel bleu radieux. 

Dans quelques heures, il sera envahi par des centaines de voiles de parachutes. Ils seront environ 600 « paras » français, britanniques et américains à sauter sur Caylus pour donner le coup d'envoi de l'opération Falcon Amarante 2018. 
Mais comme à chaque fois, même si le largage des troupes sonne le début d'une manoeuvre longue et délicate, cette dernière a, dans les faits, déjà bien commencée. 
Nous sommes le 14 novembre 2018 et depuis quelques jours déjà, les hommes et femmes de la 11e Brigade Parachutiste sont sur le pont pour préparer la mise à terre de plusieurs centaines d'Hommes et plusieurs tonnes de matériel par voie aérienne. 
L'opération débute à Francazal, dans la banlieue de Toulouse, plus précisément au pôle national des opérations aéroportées (PNOAP). Les paras du 1er RTP (régiment du train parachutiste) viennent de terminer l'assemblage des dernières palettes de matérielles qui vont être éjectées à l'arrière des Transalls C160 stationnés à côté du hangar. 
Pendant ce temps, les fantassins du 3e RPIMA (régiment parachutiste d'infanterie de marine) de Carcassonne montent dans l'un des Hercules C130 en même temps que leurs homologues britanniques de la 16e Air Assault Brigade basée à Colchester. 

A peine une demi-heure de vol tactique plus tard, il est temps pour les paras de « passer la portière » et de s'élancer dans le vide. 
Trois cent mètres en contrebas, les membres du Groupement Commando Parachutiste de la 11e BP les attendent, tapis dans les bois. Comme à chaque fois, cette unité d'élite est déployée en avance de phase, souvent de nuit, afin d'assurer la sécurité de la « drop zone » pour le gros des troupes. Et il faut dire que l'intervention des GCP était loin d'être inutiles, car aussi tôt déployés la veille, ils ont pu détruire un dispositif anti-aérien ennemis. 

Exercice multinational 

Falcon Amarante est l'exercice annuel de la Airborne Combined Joint Expeditionary Force (A-CJEF). Il est mené cette année par la BP dans le sud de la France, sous les ordres du Général Patrick Collet. Ce dernier explique très clairement : « nous travaillons à développer une parfaite compréhension et une réelle « culture opérationnelle » entre nos différentes unités, avec une connaissance mutuelle de nos équipement, de nos procédures et de notre langage dans une perspective d'engagement conjoint ». 

Il faut dire que la 11e BP française et son « homologue » britannique, la 16e Air Assault Brigade, n'en sont pas à leur premier coup d'essai. En effet, les deux brigades s'entraînent ensemble depuis 2013. 
Tandis que l'actualité est rythmée par le Brexit, d'un avenir incertain pour l'OTAN, et de relations plutôt froides entre gouvernement français et américain, à Caylus, soldats anglais, bérets rouges et paras US se sont battus mains dans la mains, dans le cadre d'une vrai fausse guerre pendant plus d'une semaine. 

Scénarios d'actualités

Comme pour chaque exercice de cette ampleur, différents scénarios plutôt complexes sont mis en place pour tester les forces. 
Les paras-colo du 3, mais aussi les sapeurs du 17e RGP et les cavaliers du 1er RHP qui ont été déployés sur la manoeuvre, ont eu fort à faire durant cette grosse semaine de « guerre » assez réaliste. 
Les troupes alliées ont du faire face à une force adverse (Forad) agressif et très imprévisibles joué par l'une des compagnies du 8e RPIMa. Ces derniers ont mené des raids de harcèlement autour des positions françaises, britanniques et américaines tout au long de la manoeuvre afin de tester la réactivité des soldats. 
Au menu de cette édition 2018 : du combat urbain à l'intérieur du village de Jean Cousy et des différentes fermes situées dans l'immense camp de Caylus, la mise en place de check point sur les routes, du contrôle de population au sein de laquelle sont dissimulés des « suicide bombers », de la décontamination NRBC, et surtout des manoeuvres avec les « Tigres » et autres « Pumas » du 5e régiment d'hélicoptères de combat.  

Au total, Falcon Amarante aura mobilisé pas moins de 2400 soldats, 300 véhicules, 12 avions de transport et 6 hélicoptères. 

Le prochain exercice de ce type aura lieu en juin, en Bulgarie, cette fois sous commandement britannique.