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Théo Rouby

11 Novembre : Le Retour du tirailleur kanak Kalepo

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Le tirailleur Kanak Kalepo Wabete a été inhumé le 11 novembre 2017 en Nouvelle-Calédonie, à 18 000 km de Paris, après une semaine ponctuée de cérémonies en Métropole et à Nouméa.
Ce soldat venu du Pacifique était tombé au champ d'honneur le 25 aout 1918 à l'âge de 29 ans. Il prenait part aux combats de la bataille de la Serre (Aisne), bien loin de son île natale de Tiga.
Quatre-vingt dix neuf plus tard, les membres de son clan accueillaient sa dépouille exactement comme s'il était décédé la veille. Dans la tradition culturelle kanak, une cérémonie de deuil réunit pendant plusieurs jours les membres de la famille du defunt pour l'accompagner dans son dernier voyage.
Un peu plus de 1000 tirailleurs kanak ont participé à la Grande Guerre. Parmi eux, 382 ont perdu la vie sur le champ de bataille ou emportés par des maladies. Le tirailleur Kalepo avait été décoré de la Croix de Guerre pour son comportement au feu. « Les Kanak ont eu une conduite exemplaire au Chemin des Dames et partout sur le front où ils ont combattu en première ligne, écrit l'historienne Sylvete Boubin-Boyer. Ils ont été ceux des indigènes français qui ont donné le plus leur sang pour la France. »
Pourtant, en Nouvelle-Calédonie, les importantes campagnes de recrutement auraient contribué, parmis de nombreux facteurs, à déclencher la révolte des Kanak de 1917. Ces derniers étaient alors de simples « sujets » de l'Etat colonial. La nationalité française leur a été accordée seulement en 1946.
Depuis trente ans, un processus de décolonisation et de rééquilibrage est à l'oeuvre dans ce territoire français d'outre-mer, longtemps qualifié d'« Afrique du Sud du Pacifique ». Fin 2018, les Calédoniens seront amenés à se prononcer sur l'autodétermination de leur pays. Les Kanak restent majoritairement partisans de l'indépendance.