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Theo Giacometti

Chasseurs de phoques

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Aux premières lumières de ce mercredi de janvier, les hommes du village d'Akunnaaq, Nord-Ouest du Groenland, se préparent à partir en mer. La veille, du haut de la colline ils ont observé un groupe de narvals et l'excitation a gagné tout le village. Bientôt, la banquise sera complètement fermée sur le village et ils ne pourront plus espérer chasser l'une de ces baleines mystérieuses qu'ils apprécient tellement. Chacun se prépare dans le froid glacial et bientôt les bateaux s'en vont vers le large, slalomant entre les plaques de glaces. La température atteint les -35°C en mer, le vent venu du Nord souffle entre les immenses icebergs et par endroit la mer n'est plus qu'une fine étendue glacée. 

Après plusieurs heures de navigation, pas de traces de narvals. Les chasseurs rentreront au port déçu, malgré les quatre phoques qu'ils ont pu chasser. Une fois les bateaux solidement attachés, ils jettent les phoques à l'eau pour éviter qu'ils congèlent et les voilà partis se réchauffer quelques minutes. 

Lars Olsen, l'un des meilleurs chasseurs du villages a tué deux phoques du Groenland ce matin. Il les décharge avec l'aide de ses enfants, et les dépèce dans la neige, sous les cris affamés des goélands. 

Après avoir enlevé la peau, qu'il vendra quelques euros dans un village voisin, il découpe l'animal. Déjà, les voisins sont assis à côté et ramènent un morceau de viande à la maison. Le foie, les reins et le pancréas seront réservé au chasseur, qui les dégustera crus. L'esprit de communauté est très fort dans ce village et chaque animal chassé est partagé entre tous ceux qui en ont besoin. 

À la fin de la journée, même les chiens auront leur part.