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Samuel Lebon

Rêves américains : Il y a une vie après le Buffalo Grill

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J'ai suivi le Québécois Thomas Hellman en début d'année 2018 alors qu'il crash-testait son spectacle "Rêves Américains" sur les écueils européens.

La France en janvier : pas un jour sans virus, et la gang de Thomas Hellman d'en pâtir dès sa descente de l'avion. Ou comment une troupe qui cause de l'extermination du bison ne s'est pas assez méfiée du Buffalo Grill. Heureusement le Québécois est costaud.

Thomas Hellman est né d'un père américain et d'une mère française. J'aurais pu le rencontrer dans un greyhound bus, mais ce fut en France il y a dix ans pour la sortie de son album Departure Songs.  J'avais entretemps oublié qu'il était écrivain et chroniqueur littéraire à Radio Canada.

Son nouveau spectacle me touche plus que prévu. Sous couvert de raconter en musique l'histoire des Etats-Unis d'Amérique de la ruée vers l'or à la grande crise, Thomas Hellman nous ouvre aussi son histoire familiale dans un spectacle intime à trois multi-instrumentistes. Jonglant avec les adaptations en français de folk traditionnels, la mise en musique de textes littéraires et ses propres créations, il nous pose là une oeuvre à tiroirs qu'on aura plaisir à retrouver sur disque ("Rêves Américains", tome 1 "La ruée vers l'or" et tome 2 "La grande crise").

Certains textes résonnent avec l'histoire du Nord de la France. Une nuit, sur la route du retour, je photographiais des cheminées fumantes sans anticiper qu'il s'agissait de l'usine Roquette, fondée à Lestrem au sortir de la grande crise, sujet central de la deuxième partie de "Rêves Américains".

Suite au succès de ces spectacles hivernaux, la tournée européenne de Thomas Hellman se prolongera en pointillés jusqu'au printemps 2019. Notre première épopée commune s'est terminée face au Moulin Rouge dans un vrai resto. Une semaine après le fiasco, nous galopions vers la gloire intestinale.