1 / 26
slider mode — sheet mode — fullscreen mode

 

Simon Guillemin

Atlantic City : "DO YOUR PLAY, BETS ARE CLOSED!"

→  commander un tirage papier

 
Tous les aficionados de la roulette connaissent ces deux maximes qu'annoncent les croupiers à chaque tour de jeu. L'une annonce l'ouverture des mises, l'autre leur fin. Atlantic City semble être plus proche de la seconde maxime. La station balnéaire, célèbre pour ses nombreux casinos et ses hôtels hors normes, son fameux Boardwalk (une immense promenade qui s'étend tout le long du front de mer) mais aussi pour le film éponyme de Louis Malle sorti en 1980, ne se porte pas très bien. La fermeture du Trump Plaza qui avait laissé un millier de personnes sans emploi n'avait pas arrangé la tendance. Celle qui voulait être la petite soeur de Las Vegas a eu trop d'appétit et n'a pas su engloutir assez de billets verts pour assurer sa pérennité. Elle est en train de connaitre le même sort que l'ancienne ville industrielle de Detroit. Vraiment, rien ne va plus... 
En se baladant dans Atlantic City en Novembre 2016, j'ai eu l'impression de me retrouver dans une ville inspirée de la série The Walking Dead, comme si une épidémie avait fait rage avec ces silhouettes alcoolisées errant dans la brume. Puis des survivants, pas d'enfants, mais des personnes agées, ici et là, éparpillés le long du Boardwalk, assis sur les bancs ou encore nourrissant les centaines sinon milliers de chats errants. Ici on semble laisser passer le temps comme une voiture arrêtée à un feu rouge. 

La ville semble tourner à vide, presque endormie. Un sommeil entrecoupé par les slogans publicitaires qui se propagent des façades de certains établissements pourtant fermés. Comme une impression d'avoir oublié d'éteindre la lumière en partant...
C'est un peu ça Atlantic City en cette période. Une relation frivole, un amour libre, une chambre d'hôtel qu'on quitte à la hâte, abandonnant ses affaires et sans réelle intention de revenir. 

Comme une rose échouée sur la plage...
[cf dernière photo]