1 / 33
slider (33)contact planche (33)fullscreen (33)

 

Patricia Huchot-Boissier

Kâli Âmman Tiruvila (I)

Kâli Âmman Tiruvila (I)

→  commander un tirage papier
EN | FR

Kâli Âmman Tiruvila (I). Thingad kallamay le 22/08/2011
Deux jours consacrés à la Déesse Kâli, mais aussi Ayyanar et Mariamman au village de Serenity Beach, le 22 et 23 Août 2011. Pondicherry

A yyanar le géant

Comme on ne change pas une musique qui blues, la Celine Ricard Tamoule, en fait elle s'appelle LR. Eswari , envoie sa voix crécerelle dans les hauts parleurs dès six heures du matin. C'est une des stars de la musique sacrée dans le Tamil Nadu. Elle a chanté sous la direction de compositeurs célèbres comme KV Mahadevan , Ilayarajaet Kunnakudi Vaidyanathan. Elle est très populaire parmi la communauté tamoule pour avoir enregistré des albums de chansons de dévotion à la Déesse Amman qui sont énormément utilisés lors des cérémonies aux temples.
Aquò's bon !! Et ça va être de la sorte pendant deux jours consacrés à la Déesse Kâli. A chacun sa fête votive locale. Comme chez vous c'est Saint Jacques, Saint Calixte où Sainte Radegonde, ici c'est Ayyanar, Mariamman et Kâli.
Plein soleil. En route en çò de Bakery et son sublime pain. J'en profite pour prendre une brioche pour le petit déj de demain. Fasèm fèsta !!!
Prabhu torna venir de la pèsca. Pas de yerras. Dommage pour Nicholas et Agnès qui en avaient réservés 3 kg. Par contre il ramène dans ses filets quelques vangerans de très belles tenues. De la famille des barracudas, ce poisson à chair blanche et tendre comme du veau est un véritable délice. C'est un des plus recherchés al Mercat Goubert de Pondy. Alors ok pour celui-là. Il fait la taille de mon bras. Mamy le cleane, le tranche et hop in the frigidaire.
Donc c'est tranquille sous le balèt. Dans le jardin Shivasingari prépare le temple de Lakshmi dédié à Muniswaran. Deux briques badigeonnées de cendre sacrée, vibhthi, décorées et fleuries d'une tresse de jasmin. Les Munis sont une classe de divinités gardiennes serviteurs du Dieu suprême Shiva et son Sakthi moitié féminine. Ils pourraient être des ancien guerrier, des rois, sorciers ou des sages ayant obtenu le statut de Muni après leur mort humaine.
Minutieuse, dévouée, elle trace à la poudre blanche sur le sable, à la perpendiculaire de l'axe des deux briques, un splendide Kolam à partir d'une étoile à six branches, « l'étoile de David », représentant l'esprit et la matière dans leur équilibre harmonieux. Le plateau au feu est nettoyé au sable. Tout est prêt pour l'office de 6 heures.
Après midi c'est plage. Je tente une baignade mais les vagues sont d'une telle force que je me trouve très vite déporté vers la digue et ses rochers. Je n'insiste pas. A 5h nous allons au LAB à nos cours respectifs. Toujours pas de prof d'anglais pour le premier niveau. De mon costat je révise et m'applique à mémoriser la conjugaison des verbes du premier groupe au passé et au futur.
Vous voulez un exemple ? No problem. Té, le verbe Manger. Sappudu en tamil.
Au futur : naan (je) sappuduven, ni (tu) sappuduvai, ningga (il) sappuduningga, aval (elle) sappuduval...
Au passé : naan sappten, ni sapptai, ningga sapptinga, aval sapptal...
Je bosse, trabalhi, naan kattukkoran...
A 5h45 dintram a l'ostal. La serada va esser cargada et c'est chez Ayyanar que Pongal va bouillir. Mais avant Maniswaran est consulté in the Garden. Lakshmi en grande prêtresse, Prabhu et Rose en assistants and new en freelance. Non croyants mais pratiquants de l'instant. Fruits, cigare, bière, amandes effilées comme offrandes. Le cigare se consumera tout seul mais la bière nous la boirons avec la Capt'aine et Prabhu. Pour la circonstance, Prabhu fait chauffer sur les braises un de ces poissons séchés au soleil sur la route, devant les maisons. Salé certes mais rudement bon.
Porté par la musique, la chanson parle d'Ayyanar dans les hauts parleurs nous rejoignons le parvis du grand protecteur des villages de pécheurs du Tamil Nadu. Sur les côtés du parvis, les femmes ont allumé les foyers. Les feux brûlent sous les olas de terre où cuit le riz au lait sucré et aromatisé à la cannelle, au jasmin. Sous le flamboyant, les musiciens, cinq percussionnistes dont un conteur, chanteur, brailleur sont à l'Oeuvre. Ils sont de Muthialpet. Cal saber qu'il existe tout un répertoire de musiques folkloriques et d'histoires des exploits qui font la gloire de Personnage. Fraichement relooké Ayyanar est fleuri, paré comme un dieu qu'il est presque. Son cheval qui rit n'est pas en reste d'apparats tanben. Là sur ce parvis tous sont rassemblés. Alors que les olas fument leurs odeurs de sweet, les mamas allument les lampes à huile, qu'elles ont préalablement confectionné avec du sucre et de la mélasse. Le prêtre, ici pas de brahman, recueille du riz de chaque foyer sur son plateau et le porte à Personnage. Don collectif.
Les femmes on fait leur part. Les hommes sont prêts de l'autel, au pied d'Ayyanar. Là un jeune coq encoliéré de jasmin attend son heure sacrificielle. La força dels jovents. L'heure avance et les offrandes sont distribuées. Les coconuts coupées, les roupies récupérées. Dévots toujours en encore comme un ciment identitaire. Ça fonctionne. Pas une famille ne manque. Des tresses de fleurs Ayyanar est couvert. Il ne risque pas l'inanition. Bon faut dire qu'il se dépense beaucoup. Toutes les nuits alors que nous dormons tranquille il pourchasse les mauvais esprits. Aquò val plan un brave Pongal !!!
Maintenant les musiciens entrent dans la sphère privée autour de l'autel. Le prêtre bénit Personnage, son cheval et ses dévots. La cérémonie en arrive à la phase où les défis s'autorisent. Les maitres du rythme augmentent la cadence et les prétendant à la cohabitation avec qui Shiva, qui Krishna, qui Vishnu se roulent dans le sable, cherchent à s'approprier la transe qui les aidera à révéler leur état divin en gésine. Alors ils seront deux à s'y essayer mais un seul va aller jusqu'au bout de sa quête. Bien soutenu par le rythme, bien protégé par des clèdas de bras puissants, il s'élance, saute plus qu'il ne dance. Une branche de feuille en main il sémaphore. On lui donne à boire et à tirer une taffe d?un big cigare. On lui amène le jeune coq à qui il s'empresse de sectionner le cou avec les dents et au final mange le feu sacré avant de tomber raide à la renverse. Il est évacué illico.
La musique des hauts parleurs résonne à nouveau. Chaque femme pose son ola pongal sur sa tête et nous partons tous en procession dans les rues du village.
Nalaikku fara sourien.

Texte Jacme Gaudas

Kâli Âmman Tiruvila (I). Thingad kallamay on 22/08/2011
Two days dedicated to the Goddess Kâli, but also Ayyanar and Mariamman in the village of Serenity Beach, on August 22 and 23, 2011. Pondicherry

To yyanar the giant

Since we don't change blues music, Celine Ricard Tamoule, in fact her name is LR. Eswari, sends his kestrel voice into the speakers at six in the morning. He is one of the stars of sacred music in Tamil Nadu. She has sung under the direction of famous composers such as KV Mahadevan, Ilayaraja and Kunnakudi Vaidyanathan. She is very popular among the Tamil community for recording albums of songs of devotion to the Goddess Amman that are widely used in temple ceremonies.
Aquò's good!! And it will be like that for two days dedicated to the Goddess Kâli. To each his own local votive celebration. As in your country it is Saint Jacques, Saint Calixte or Sainte Radegonde, here it is Ayyanar, Mariamman and Kâli.
Full sunshine. On the way to Bakery and its sublime bread. I'm taking this opportunity to have a brioche for breakfast tomorrow. Fasèm festa!!!!!
Prabhu torna come from the pesca. No yerras. Too bad for Nicholas and Agnes who had reserved 3 kg. On the other hand, he brings back in his nets some vangerans in very nice clothes. From the barracuda family, this white fish, tender as a calf, is a real delight. It is one of the most sought after Mercat Goubert de Pondy. So okay with this one. It's the size of my arm. Grandma clears it, slices it and hop in the fridge.
So it's quiet under the broom. In the Shivasingari garden is preparing the Lakshmi temple dedicated to Muniswaran. Two bricks brushed with sacred ash, vibhthi, decorated and flowered with a jasmine braid. The Munis are a class of guardian deities servants of the supreme God Shiva and his Sakthi, half female. They could be former warriors, kings, wizards or sages who obtained the status of Muni after their human death.
Minute and dedicated, she traces a splendid Kolam from a six-pointed star, "the star of David", representing the spirit and matter in their harmonious balance, to the white powder on the sand, perpendicular to the axis of the two bricks. The fire tray is cleaned with sand. Everything is ready for the 6:00 service.
Afternoon is beach. I try to swim but the waves are so strong that I am quickly deported to the seawall and its rocks. I'm not insisting. At 5am we go to the LAB at our respective classes. Still no English teacher for the first level. From my costat I review and apply myself to memorizing the conjugation of the verbs of the first group to the past and future.

Do you want an example? No problem. Te, the verb Eat. Sappudu in Tamil.
To the future: naan (I) sappuduven, ni (tu) sappuduvai, ningga (il) sappuduningga, aval (elle) sappuduval...
In the past: naan sappten, ni sapptai, ningga sapptinga, aval sapptal...
I work, betrayed, naan kattukkoran....
At 5:45 dintram at the ostal. The serada will try cargada and it is at Ayyanar that Pongal will boil. But before Maniswaran is consulted in the Garden. Lakshmi as high priestess, Prabhu and Rose as assistants and new as freelancer. Unbelievers but current practitioners. Fruits, cigars, beer, slivered almonds as offerings. The cigar will burn itself but we will drink the beer with the Capt'aine and Prabhu. For the occasion, Prabhu heats one of these sun-dried fish on the road in front of the houses on embers. Salty, but very good.
Carried by the music, the song speaks of Ayyanar in the loudspeakers we join the square of the great protector of the fishermen's villages of Tamil Nadu. On the sides of the square, the women lit the fireplaces. The fires burn under the earth olas where the sweetened milk rice flavoured with cinnamon and jasmine is cooked. Under the flamboyant, the musicians, five percussionists including a storyteller, singer and shouter are at the Work. They're from Muthialpet. Cal saber that there is a whole repertoire of folk music and stories of the exploits that make the glory of Character. Freshly revamped Ayyanar is floral, adorned like a god he is almost. His laughing horse is not to be outdone in tanben ceremonies. There on this square all are gathered. While olas smoke their sweet smells, mamas light oil lamps, which they have previously made with sugar and molasses. The priest, here no Brahman, collects rice from each household on his tray and carries it to Character. Collective donation.
Women have done their part. The men are ready from the altar, at the foot of Ayyanar. There a young jasmine rooster awaits his sacrificial hour. Forced her into the wind. The hour is coming and the offerings are distributed. The coconuts cut, the rupees recovered. Always devote more and more like a cement of identity. It works. It works. Not a family is missing. Braids of Ayyanar flowers is covered. He doesn't risk starvation. Well, he's very active. Every night while we sleep quietly he chases after evil spirits. Aquò val plan a brave Pongal!!!!!
Now the musicians enter the private sphere around the altar. The priest blesses the Character, his horse and his devotees. The ceremony reaches the phase where challenges are allowed to take place. The masters of rhythm increase the rhythm and claiming to cohabit with whom Shiva, Krishna, Vishnu roll in the sand, seek to appropriate the trance that will help them to reveal their divine state in gesine. So there will be two of them trying it, but only one will go through with it. Well supported by the rhythm, well protected by powerful arm cleds, he jumps, jumps more than he dances. A branch of leaf in hand it semaphore. We give him a drink and a slap from a big cigar. The young rooster was brought to him and he quickly cut off his neck with his teeth and finally ate the sacred fire before falling steeply to the ground. He's being evacuated immediately.
The music of the loudspeakers resounds again. Each woman puts her ola pongal on her head and we all go in procession through the streets of the village.
Nalaikkku fara sourien.

Text Jacme Gauda