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Olya Morvan

La guerre s'invite pour toujours

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" Tu te rends compte à Kurakhovo ils ne nous croient pas quand on leur dit que c'est l'enfer ici. Mariinka est a seulement 20km de Kurakhovo. On est bombardé tous les soirs et ils ne nous croient pas !"  - raconte le jeune marié légèrement soul, les larmes aux yeux.
Il n'y a que 8 personnes autour de la table incluant les maries. Il n'est que 5h du soir mais il fait déjà nuit et c'est déjà bruyant. C'est la raison pour laquelle il n'y a que très peu d'invites. Les bombardements commencent souvent vers 4h de l'après-midi et donc à cette heure Mariinka s'éteint. Tout le monde reste à l'intérieur. Quand cela devient trop bruyant les gens se réfugient dans les caves.
A la différence de Shyrokino et des autres villes et villages sur la ligne de front, Mariinka est habité. Et les Mariintsi (les habitants de Mariinka) sont là pour rester. Presque trois milles survivants vivent sans emplois.
Deux magasins et deux écoles sont ouverts. Une église protestante a récemment ouvert une boulangerie où les gens peuvent acheter du pain bon marche. « Depuis que notre église s'est installée ici , il n'y a pas eu de victime civile," - raconte fièrement le prêtre Sergey Kosyak. Il nous montre un appartement détruit par les bombardements : «  Vous vous rendez compte que tous les gens qui habitaient ici sont vivant. C'est un miracle ! " - declare-t-il, - "Nous resterons ici. Nous protègerons Mariinka avec nos prières!"
C'est la même chose pour les militaires Ukrainiens. Ils resteront la pour protéger Mariinka. Leur cuistot s'assure qu'ils mangent de bon repas grâce aux réserves infinies de Salo (gras de cochon) et pickles (cornichons). L'endroit est confortable et chaud.
Tout prêt de là, une clinique a été installée par des bénévoles. Les soldats s'y rendent pour se faire soigner et pour un peu de réconfort.
Ils parlent... de leur famille, de leurs problèmes, de leurs angoisses. Ils n'iront jamais voir un psychologue mais parler à une équipe médicale fait du bien.
«  Ma femme me rendait fou, je n'en pouvais plus. M'engager dans l'arme était comme un divorce mais sans scandale," - raconte en rigolant Sergei.  Il a signé un contrat de 3 ans comme la majeure partie des autres soldats. Les derniers bénévoles travaillant avec l'armée vont aussi faire de même.  Ils sont là pour rester.
C'est le 45ième anniversaire de l'école numéro 1 de Mariinka. Les enfants portent Vishyvanka ( la chemise brodée traditionnelle Ukrainienne) et chantent en Ukrainien. Malheureusement ce n'est pas très différents des spectacles soviétiques : les personnes importantes sont assises devant et les enfants les divertissent.
Deux jours plus tard, l'école fut touchée par un obus. Le lendemain, les enfants sont allés à l'école en évitant les observateurs de l'OSCE et les journalistes. Les enfants sont habitues de les voir.  C'est juste qu'ils ne les aiment pas. Dix mille morts et des millions de rapports et d'articles plus tard, la guerre s'installe pour toujours.