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Olya Morvan

Peski. La bataille sans fin

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Peski reste la zone la plus dangereuse de la ligne de front. Ce n'est qu'à seulement un kilomètre et demi de l'aéroport de Donetsk. Le 22 janvier dernier, l'armée ukrainienne et le groupe paramilitaire de Praviy sector se sont retirés de l'aéroport après l'avoir tenu pendant 8 mois.
En revanche Peski est toujours sous leur contrôle. Aucune maison n'a été épargnée par les affrontements. La majeur partie de la population est partie, mis à part quelques familles. Elles vivent dans des caves, gardent quelques poules sont ravitaillées principalement par l'armée ukrainienne ou des bénévoles. Leur plus gros problème est l'eau potable. Ils doivent marcher 5-6km parfois sous les tirs pour aller chercher de l'eau dans un puits. Il ne reste plus qu'une famille avec un enfant. Ils ont refuses de partir bien qu'un de leur enfant ait été emmené dans un orphelinat du cote ukrainien a la suite d'une hospitalisation pour une commotion cérébrale. Le père marmonne quelque chose comme : « nous ne partirons pas de notre maison, nous n'avons pas d'endroit où aller »
« Ils sont tellement stupide, je suis sûr qu'ils nous espionnent et disent tout aux rebelles pro-russes. Est-ce que vous voyez ces maisons ? Des locaux nous ont tires dans le dos depuis là-bas. Je voudrais tous les tuer mais nous sommes humains, on ne fait pas ce genre de choses » raconte un soldat de Praviy Sector qui m'escorte. Praviy Sector (the secteur droite) est un groupe paramilitaire d'extrême droite. Comme le gouvernement Ukrainien essaye de supprimer les groupes paramilitaires il leur a été demandé soit de partir soit de rejoindre l?armée régulière. Ils vont surement rejoindre l'armée ukrainienne pour continuer à se battre.
Malgré le retrait des armes lourdes, le village est constamment bombardé avec des armes plus légères. En 24 heures, l'unité de Praviy Sector a eu 6 soldats blessés et 2 morts. « C'était plus facile d'entendre les tirs d'armes lourdes. On avait moins de victimes. Ca a pris une semaine pour recevoir de nouvelles recrues des camps d'entrainements. En 24 heures, la pluparts sont à l'hôpital » raconte le commandant de l'unité. Sans hésitation ils répondent aux tirs pour venger leurs camarades morts.
« Avant ont avait l'habitude de parler avec les rebelles, la pluparts étaient des locaux. On rigolait même parfois qu'on allait s'unir pour renverser le gouvernement Ukrainien. Mais aujourd'hui c'est fini, maintenant ce ne sont que des russes, on ne leur parle plus » raconte le commandant assis près du feu.
Le soir c'est l'obscurité totale dans le village à moins qu'il y ait un incendie. Une maison à proximité de la nôtre a pris feu à la suite de tirs. Une unité militaire l'habitait. Quelques minutes plus tard, un balai d'ombres sombres déplaçaient des lourdes caisses de munitions en jurant contre les russes et les rebelles pros russes. Personne ne s'est soucié d'éteindre le feu. Les soldats se sont installés dans la maison suivante.
Il y a un an, c'était un village prospère ou les camarades de Victor Yanukovych, l'ancien président ukrainien, du parti des régions avaient leurs luxueuses maisons de campagne. Aujourd'hui tout est en ruine. Praviy sector refuse d'abandonner ce village et les rebelles considèrent qu'il leur appartient.
C'est la bataille sans fin de Peski.