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Nadège Mazars

Un dernier voyage pour les FARC aux temps de la réconciliation colombienne

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Colombie, 8-12 décembre 2016. 55 gardes de Carlos Antonio Lozada, haut commandant de la guérilla des FARC-EP (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple) se sont engagé dans un voyage sans retour en arrière. Durant 4 jours, ils se sont déplacés depuis leurs anciens situés dans des territoires éloignés et difficiles d'accès pour arriver à Icononzo, à quatre heures de Bogotá la capitale colombienne. Ils resteront 6 mois dans cette zone de transition pour effectuer le dépôt des armes et effectuer leur réintégration politique et sociale dans la vie civile.

Après 52 années d'opération, l'armée FARC est habituée à voyager sur n'importe quel terrain rural. Avec ce déplacement, le tout dernier pour ce groupe, les combattants des FARC ont été à la rencontre d'un monde inconnu ou oublié, le monde d'une Colombie familière et plus urbaine. Pour certains, cela faisait plusieurs dizaines d'années qu'ils n'avaient pas traversé une grande ville. Pour d'autres, le voyage a été l'occasion de s'initier aux nouvelles technologies (WiFi, mobiles, etc.). Quelques uns montaient pour la première fois de leur vie dans un bus de route. Durant les 700km, ils ont passés la plupart de leur temps à regarder des paysages étrangers. Le voyage a aussi été l'occasion de retrouvailles, avec leur famille, de rencontre, avec de nombreux civils, de réconciliation, avec la police et les militaires.

Après 4 ans de négociations et un premier accord de paix signé fin septembre 2016, la Colombie est entrée dans une période inattendu de doute quand 50,22 % des votants au plébiscite ont rejeté l'accord de paix le 2 octobre 2016. quelques jours après, le président Juan Manuel Santos recevait le prix Nobel de la paix tandis que les mobilisations en soutien au processus se développaient sur le territoire. Les négociateurs ont alors commencés de nouvelles réunions pour adapter l?accord à certaines positions du « Non ». Et enfin, le 19 décembre 2016, le Conseil d'État annulait les résultats du plébiscite en raison de la révélation de pratiques de manipulation et de désinformation des votants par des promoteurs du « Non », ce qui formellement a permis l'adoption institutionnelle du nouvel accord signé le 24 novembre 2016. Le processus de paix est maintenant engagé dans sa dernière étape, l'application de l'accord de paix (participation politique, réforme rurale intégrale, substitution des cultures illicites, accord sur la justice et la réparation des victimes). Une dernière étape alors que les guérilleros ont terminé leur dernier voyage. Dans une Colombie divisée, alors que la stabilité du processus reste incertaine, notamment avec la recrudescence des activités des paramilitaires d'extrême-droite, on retrouve dans cette série la même détermination des anciens ennemis pour engager le pays dans la construction d?un futur en paix.

Colombia, December 08-12th, 2016. 55 guards of the FARC guerrilla high commander Carlos Antonio Lozada committed in a journey without going backwards. On a four-days trip, they moved from their old camps in the far-off lands to Icononzo, a transitional zone at four hour of the capital Bogotá. There, they will stay for 6 months according to the bilateral ceasefire agreement and begin to lay-down the weapons and return to the civil-life.

After 52 years of operations, the FARC army is accustomed to travel in every kind of rural ground. But with this journey, the last one for this group, the FARC fighters met an unknown or forgotten world, the world of the regular and urban Colombia. For some of them, several decades had passed since the last time they crossed a big city. For others, the trip was a first initiation to the newest technology like the cellular or WiFi use. Some boarded in a modern bus for the first time of their life. During the 700 kilometers of road, they passed most of the time looking new landscapes. The trip was also a moment of reunion, meeting and reconciliation. Reunion with their families, meeting with the civilians and reconciliation with the police and military officers.

After four years of negotiations and a first peace deal signed at end of September 2016, Colombia entered into an unexpected period when 50,22% of the referendum voters rejected the agreement on October 2. Some days after, the president Juan Manuel Santos received the Nobel peace prize while various mobilizations for Peace took place on the territory. The negotiators also began a new round to adapt the agreement with some "No" positions. And last but not least, on December 19, the State Council cancelled the referendum result for political manipulation and "misleading the voters" by the "No" campaign, allowing the president to adopt the new agreement. Now the peace process is engaged in its last step, the implementation of the agreement about political participation, rural reform, the substitution of illicit crops, justice and victim's reparation, and the establishment of the end of the conflict and its bilateral ceasefire. A last step while the guerrilleros finished their last journey. From the institution to the insurgent army, while the stability of the process still stays uncertain in a divided Colombia and with the increase of far-right paramilitary activities, the same determination of the formers enemies seems to move the country on a way, trying to construct a peaceful future.