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Mathias Zwick

Les Chiens Persans

Persian dogs

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Depuis quelques années, il est de moins en moins rare de croiser des Iraniens en train de promener leur chien dans la rue. Le phénomène concerne surtout les classes moyennes et supérieures du nord de Téhéran. Bien que cela soit toléré dans les beaux quartiers de la République Islamique, les propriétaires de chiens se voient souvent harcelés, peuvent écoper d'amendes et se font parfois même retirer leur animal. Considérés comme « naje » (impurs en farsi) lorsqu'ils vivent à l'intérieur du domicile, ces animaux de compagnie font grincer les dents de certains religieux qui les voient comme une mode venue de l'Occident. Tout comme de nombreuses affaires de moeurs en Iran, les difficultés rencontrées par les propriétaires de chiens dépendent des périodes. En 2011 par exemple, des députés avaient demandé, sans succès, l'interdiction des chiens dans les appartements car ils posaient un « problème culturel » et représentaient un danger pour la santé publique. Plus récemment, le chef de la police de Téhéran, le général de brigade Hossein Rahimi, a annoncé que le pouvoir judiciaire avait interdit la promenade des chiens dans les espaces publics et que la police prendrait des mesures contre les propriétaires. Comme beaucoup d'autres décrets de ce genre, l'interdiction de promener les chiens n'est pas prise très au sérieux. Les propriétaires préfèrent tout de même promener leur chien dans des endroits calmes et loin du regard des policiers. Signe d'une évolution des mentalités dans une société religieuse et traditionnelle, je suis allé photographier des propriétaires de chiens chez eux, dans le nord de la capitale.

In recent years, it has become less and less rare to meet Iranians walking their dogs on the streets. The phenomenon mainly concerns the middle and upper classes in northern Tehran. Although this is tolerated in the beautiful districts of the Islamic Republic, dog owners are often harassed, fined and sometimes even have their pets removed. Considered as "naje" (impure in Farsi) when living inside the home, these pets make some religious people grind their teeth and see them as a fashion from the West. Like many morality cases in Iran, the difficulties faced by dog owners depend on the time. In 2011, for example, deputies had unsuccessfully requested that dogs be banned from apartments because they posed a "cultural problem" and a danger to public health. More recently, Tehran's police chief, Brigadier General Hossein Rahimi, announced that the judiciary had banned dog walking in public spaces and that the police would take action against owners. Like many other decrees of this kind, the ban on dog walking is not taken very seriously. Owners still prefer to walk their dogs in quiet places away from police eyes. As a sign of a change in mentalities in a religious and traditional society, I went to photograph dog owners in their homes in the northern part of the capital.