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Mathias Zwick

Les startuppeuses de Téhéran

The startup girls of Tehran

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Depuis que Washington s'est retiré de l'accord international sur le programme nucléaire iranien, accompagnant son geste de sanctions économiques, l'Iran est au bord de l'asphyxie. Malgré les incertitudes quant à l'avenir, la communauté des start-ups de Téhéran reste très active. Et la présence de femmes à la tête de ces nouvelles entreprises du digital s'amplifie.

A 29 ans, Lena Vafaey dirige Peeyade, une application qui propose aux habitants de Téhéran des recommandations, des adresses, des programmes de culture et de divertissement : vernissages, concerts, pièces de théâtre, restaurants, etc...  Les bureaux sont situés dans un quartier populaire en pleine gentrification. Skateboards cloués aux murs, lampes design, plantes vertes à foison et ordinateurs dernier cri sur les bureaux en bois brut : on se croirait dans les locaux d'une start-up de Brooklyn.

Diplômée en génie électrique, Tabassom Latifi, 32 ans, a eu une autre bonne idée : une plateforme en ligne où commander une cuisine faite maison par des femmes au foyer pour des clients nostalgiques des petits plats de leurs mères. « Pour beaucoup de femmes qui cuisinent tous les jours et gardent du temps libre, c'est le moyen d'acquérir une indépendance financière, ou de contribuer à l'économie de la famille », avance l'entrepreneure qui vante encore les vertus sociales de son appli qui permet l'intégration de femmes isolées dans le monde du travail.

L'absence de géants du web sur le territoire de la République Islamique profite à ces jeunes entrepreneures Iraniennes. 40 ans après la Révolution de 1979, le climat économique fragile et une certaine désespérance face à l'avenir dans la population, y compris pour la classe moyenne, laissent planer une instabilité. Malgré la période de récession que traverse leur pays, les startuppeuses de Téhéran demeurent pleine d'optimisme. Pour elles, la révolution d'aujourd'hui est bien celle des applis mobiles.

Since Washington withdrew from the international agreement on Iran's nuclear programme, accompanying its action with economic sanctions, the country has been on the verge of suffocation. Despite the uncertainties about the future, Tehran's start-up community remains very active. And the presence of women at the head of these new digital companies is increasing.

At 29 years old, Lena Vafaey manages Peeyade, an application that offers recommendations, addresses, culture and entertainment programs to the inhabitants of Tehran: openings, concerts, plays, restaurants, etc.... The offices are located in a popular district in full gentrification. Skateboards nailed to the walls, designer lamps, abundant green plants and state-of-the-art computers on raw wood desks... it's like being in the offices of a Brooklyn start-up.

Graduated in electrical engineering, Tabassom Latifi, 32, had another good idea: an online platform where homemade cooking by housewives can be ordered for customers who are nostalgic for their mothers' little dishes. "For many women who cook every day and keep time off, it is a way to gain financial independence or contribute to the family economy," says the entrepreneur who still praises the social virtues of her application that allows isolated women to integrate into the world of work.

The absence of web giants on the territory of the Islamic Republic benefits these young Iranian women entrepreneurs. 40 years after the 1979 Revolution, the fragile economic climate and a certain despair about the future among the population, including the middle class, have led to instability. Despite the recession in their country, Tehran's startup women remain optimistic. For them, today's revolution is indeed that of mobile applications.