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Mathias Zwick

Iran : L'émancipation des femmes par le sport

Iran : Empowering women through sport

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La République islamique a fortement limité la pratique du sport aux femmes jusque dans les années 1990. Petit à petit, les athlètes iraniennes gagnent du terrain dans leur lutte pour l'égalité avec les hommes. C'est notamment le cas de Noora, 30 ans, championne de motocross, qui s'est battue pour que les femmes obtiennent le droit de piloter une moto sur circuit. Une première victoire. « On ne peut toujours pas conduire dans la rue, mais je suis certaine que cela sera possible dans les années à venir » ajoute la jeune femme avant de démarrer un entrainement aux côtés de sa mère, elle aussi motarde.

Alors que les mentalités ont changé concernant le foot féminin, les autorités scrutent avec attention d'autres pratiques sportives comme la boxe qui reste interdite aux femmes. Cela n'a pas empêché Ghazal, 19 ans, de trouver une salle où un ancien grand champion l'a prise sous son aile. La boxeuse doit ruser et jouer sur son apparence masculine : « J'essaye de ressembler à un garçon pour continuer à m'entrainer. La plupart des membres du club ignorent que je suis une fille ». Quand certaines pratiquent l'art du camouflage, d'autres se cachent pour s'adonner à leur passion. Fereshteh, une break-danseuse de 22 ans, est contrainte de s'exercer dans des salles privées, à l'abri des regards.

Le sport est vu par ces jeunes femmes comme un tremplin vers l'égalité des sexes, mais également comme une opportunité de quitter le pays. Repérée sur les réseaux sociaux par un centre international d'apprentissage du breakdance, Fereshteh souhaiterait partir à l'étranger pour enseigner son art : « Je ne vois pas mon futur en Iran. Je veux vivre ma vie sans avoir à me cacher ».

Ces portraits croisés de quatre sportives mettent en lumière la question de l'émancipation des femmes en Iran. Elles s'appellent Noora, Hosna, Ghazal et Fereshteh ; font de la moto, du foot, de la boxe et du breakdance. En cassant les codes établis par la République islamique, elles sont le moteur d'une société en transition.

The Islamic Republic strongly limited the practice of sport to women until the 1990s. Gradually, Iranian athletes are gaining ground in their struggle for equality with men. This is the case of Noora, a 30-year-old motocross champion, who fought to get women the right to ride a motorcycle on a circuit. A first victory. "We still can't drive on the street, but I'm sure it will be possible in the coming years" adds the young woman before starting training with her mother who is also a biker.

While attitudes towards women's football have changed, the authorities are carefully scrutinizing other sporting practices such as boxing, which remains prohibited for women. That didn't stop 19-year-old Ghazal from finding a gym where a former great champion took her under his wing. The boxer has to play around and play on her masculine appearance: "I'm trying to look like a boy to keep practicing. Most club members don't know I'm a girl". When some practice the art of camouflage, others hide to indulge their passion. Fereshteh, a 22-year-old break-dancer, is forced to practice in private rooms, out of sight.

Sport is seen by these young women as a stepping stone to gender equality, but also as an opportunity to leave the country. Spotted on social networks by an international breakdance learning centre, Fereshteh would like to go abroad to teach her art: "I don't see my future in Iran. I want to live my life without having to hide".

These cross portraits of four female athletes highlight the issue of women's emancipation in Iran. They are called Noora, Hosna, Ghazal and Fereshteh; they ride motorcycles, play football, boxing and breakdance. By breaking the codes established by the Islamic Republic, they are the driving force behind a society in transition.